Le corps représenté

Le corps représenté

Dessins réalisés pour la conception du monument aux morts de Cluny (O 2462, 1922)

Dessins réalisés pour la conception du monument aux morts de Cluny (O 2462, 1922) Page 1/2

Pour rendre hommage aux soldats « Morts pour la France », toutes les villes et villages français ont érigé des monuments dans les années qui ont suivi la Grande Guerre.

Celui de Cluny a été inauguré en novembre 1923. Il est l’œuvre de l’artiste clunisois Paul Janin, lui aussi soldat pendant la Première guerre mondiale.

La statue qui surplombe le monument représente un soldat français vêtu de l’uniforme bleu horizon (instauré en 1915). Il porte un casque Adrian et tient entre ses mains une baïonnette allemande brisée, symbole de la victoire française sur l’ennemi.

136 soldats originaires de Cluny sont morts pour la France entre 1914 et 1918. Tout d’abord érigé sur la place de l’hôpital, le monument aux morts a été déplacé rue Sainte-Odile en 2014.

Photographie : le bouilleur de cru à Clessé (15 NUM, 20ème siècle)

Emile Violet (à droite, debout sur l’alambic) est né à Clessé le 3 avril 1877. Vigneron comme son père, il a appris le métier de tonnelier ; il s’est affirmé comme un érudit local particulièrement sensible aux coutumes vigneronnes.

Ses enquêtes de folklore menées en Mâconnais et Tournugeois, aux côtés de Gabriel Jeanton (1881-1943), et la rédaction de nombreux ouvrages et articles d’histoire locale lui ont permis de rassembler une importante documentation iconographique et photographique. Pour porter témoignage de son temps, Emile Violet est un photographe aguerri.

 

Pour aller plus loin : Exposition itinérante numérisée « Autour d’Emile Violet, vigneron et écrivain érudit »

Caricature de Léon Margue (2 Fi 2/59, s.d.)

Léon Margue est un homme politique et un avocat français. Il est né à Salornay-sur-Guye le 14 juillet 1828 et y est décédé le 13 septembre 1888.

Fils d’un notaire devenu juge de paix, il a étudié le droit et est devenu avocat à Mâcon. Républicain, il s’est opposé au coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte instaurant l’Empire, ce qui lui a valu d’être interné à Paris en 1851. Il écrivait dans le journal l’Alliance républicaine de Saône-et-Loire et, devenu conseiller général de Cluny en 1873, parvint à se faire élire député de Saône-et-Loire en 1876. Siégeant à gauche, parmi les radicaux, il a été nommé sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’Intérieur en 1882 et 1883. Battu aux élections de 1885, il est devenu conseiller à la Cour de Paris.

La caricature est un art humoristique visant à exagérer les caractéristiques physiques d’une personne en fonction de son statut ou de ses actions. Elle est beaucoup utilisée dans la presse aux 19ème et 20ème siècles, notamment aux dépends des hommes politiques.

Le dessinateur Henri Demare (1846-1888) présente Léon Margue tenant le « parapluie de l’indifférence » face aux récriminations de différents journaux légitimistes comme Le Pèlerin, qui s’oppose notamment aux lois scolaires de Jules Ferry. La caricature paraît fin 1881 dans le journal Les Hommes d’aujourd’hui. Cette année marque un tournant dans l’histoire de la presse puisque la loi du 29 juillet 1881 en définit les libertés et responsabilités, en imposant un cadre légal à la publication ainsi qu’à l’affichage public, au colportage et à la vente sur la voie publique.

Estampe de la statue des " Porteurs de benne " (2 Fi 1/167, s.d.)

Une estampe est le résultat de l’impression d’une gravure.

Celle-ci représente « Les Porteurs de benne », à partir d’une sculpture réalisée en 1913 par Pierre Alexandre Morlon (1878-1951) et installée Place de la Barre à Mâcon. La statue, inaugurée seulement en 1923, rend hommage aux vendangeurs et est le témoin de l’une des activités les plus florissantes du Mâconnais.

Pierre Alexandre Morlon est né à Mâcon le 5 juin 1878. Il a travaillé la pierre dès son plus jeune âge aux côtés de son père qui exerçait la profession de marbrier. C’est lui qui a réalisé la gravure de la tête de la République à bonnet phrygien représentée sur les pièces de 50 centimes, 1 franc et 2 francs jusqu’en 1959.

Sceau équestre de Marguerite, dame de Brancion (5 G 62/28, 1238 et 1239)

Ce document issu du fonds du chapitre cathédral Saint-Lazare d'Autun fait partie d'une série de fondations de messes d'anniversaires par Josserand IV Gros de Brancion.

L'un de ces parchemins est accompagné d'un sceau de cire représentant une dame en coiffure carrée, l'oiseau au poing et assise sur un cheval marchant vers la gauche. Il s'agit de Marguerite de Salins (vers 1190-1259) qui a épousé en novembre 1221 Josserand IV Gros de Brancion ( ?-1250 Bataille de Mansourah).

L'adoption d'un sceau par les princes est exceptionnelle avant 1100. A partir des années 1130, l'usage se répand dans la classe seigneuriale. Les sceaux de femmes apparaissent dans la haute aristocratie dans le courant du 12ème siècle.

Les sceaux, comme les pièces de monnaie, les vitraux et sculptures, les enluminures, les tapisseries constituent des témoignages imagés des corps au Moyen-Âge.