D/ La naissance du monde ouvrier : quelles sont les conséquences sociales de la révolution industrielle ?

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La main d’oeuvre disponible, essentiellement rurale, constitue la condition indispensable au décollage industriel. L’exode rural qui en découle entraîne la formation d’une nouvelle classe sociale : les ouvriers.

Mais pour la Saône-et-Loire, la réalité est plus complexe car l’exode rural est lent et les ouvriers, recrutés localement, conservent des liens forts avec le monde paysan d’où ils sont issus.
Beaucoup d’industries textiles et minérales sont implantées dans les campagnes et les limites entre l’artisan, le paysan et l’ouvrier restent longtemps floues, d’où une grande diversité des classes ouvrières. Même le mineur du Creusot, figure symbolique de la grande industrie, possède des terres à la campagne. Le développement du machinisme va amener une distinction entre l’ouvrier spécialisé et le manoeuvre.
En 1845, la moyenne du salaire ouvrier en Saône-et-Loire s’élève à 2,17 francs par jour. Cette rémunération ne permet pas de se nourrir et de se loger convenablement. L’emploi des femmes et des enfants est donc souvent une nécessité. Le temps de travail est fréquemment de 12 heures par jour, parfois davantage, et lorsque il est inférieur, c’est pour occuper des postes de nuit. Avant la mise en place de caisses de secours mutuels dont la première est créée par Jules Chagot à Blanzy en 1834, la misère n’est jamais loin en cas de maladie, accident, chômage… Malgré ces conditions de travail difficiles, le climat social reste calme au début du XIXe siècle, peut-être en raison du paternalisme très développé en Saône-et-Loire des familles Schneider, Chagot, Puzenat... Les premières grèves éclatent à Blanzy en 1833 et au Creusot en 1848. Dans les deux cas, il s’agit de revendications concernant la hausse des salaires. La deuxième moitié du XIXe siècle et le tournant du XXe siècle seront plus agités, avec les grandes grèves de 1899-1900. C’est le temps où le mouvement ouvrier se structure.

Document 13 : compte-rendu de la Compagnie des mines au ministre des travaux publics en 1875.

Questions :

1 – D’où viennent les ouvriers de la Compagnie des mines ?

2 – Comment la Compagnie des mines a-t-elle recruté des ouvriers ?

3 – Quels avantages sociaux ont été accordés aux ouvriers pour les attirer à Montceau-les-Mines ?

4 – Quelle est la conséquence directe de cette situation pour la commune de Montceau-les-Mines ?