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Marie Guillot

Portrait de Marie Guillot

Pour le 8 mars, Journée Internationale pour les Droits des Femmes, nous vous proposons d'aller à la rencontre d'une pionnière originaire de Saône-et-Loire.

Marie Guillot (1880 à Damerey-1934) fut une institutrice militante et féministe.
Elle est issue d’un milieu très modeste. En 1898, elle devient institutrice et chargée de famille avec sa mère malade et sa sœur à élever. Une de ses premières affectations est l’école de filles d’Epinac, ville ouvrière où elle s’initie au militantisme, adhère au parti socialiste, à la société de Libre Pensée et à la Ligue des droits de l’Homme. Malgré les réticences de ce milieu masculin, elle continuera d’assister aux réunions et conférences publiques.
Nourrie de son expérience, de ses lectures féministes et syndicales, elle fonde le 4 mars 1906 l’Association des femmes de Saône-et-Loire pour la propagation des idées laïques et en 1911, une section syndicale locale pour les enseignants.

Son mot d’ordre « Femme, ose être » s’affiche dans la Tribune féministe de la revue L’Ecole émancipée à laquelle elle participe.

En 1912, au congrès de la Fédération des syndicats d’instituteurs, à Chambéry, elle intervient pour défendre l’égalité des traitements entre instituteurs et institutrices.
En 1914, elle monte à Paris et défend l’organisation syndicale des ouvrières notamment dans les métiers à majorité féminine. Face à la guerre, Marie affirme et développe son action pacifiste.
En décembre 1920, le Comité départemental des syndicalistes révolutionnaires de Saône-et-Loire élit à l’unanimité Marie, secrétaire générale-trésorière, et apogée en 1922, elle devient la première femme secrétaire confédérale de la CGTU, dont elle démissionne en 1924.
Sa carrière d’institutrice a fait les frais de ses prises de position : réprimandes, convocations, et même révocations fournissent son dossier.
Les dix dernières années de sa vie ont été consacrées à son métier et à ses engagements féministes. Souffrant de dépression nerveuse, elle meurt en 1934.

Marie Guillot est le guide de l'exposition itinérante "Femmes au XXe siècle en Saône-et-Loire" réalisée par les Archives 71 au travers de ses réflexions saisissantes d'actualité. 

A méditer :

" La division des rôles sociaux entre les sexes, aux hommes le domaine public, aux femmes le domaine privé, a, par une « habitude » séculaire, façonné la psychologie, la mentalité, le comportement des uns et des autres. […] Notre seul tort… est de ne pas nous placer en avant… " 

"Le mot féministe ne sera pas usé tant que les femmes n’auront pas conquis l’égalité des droits. Voilà l’enjeu fondamental du féminisme : le droit pour la femme de vivre sa vie, sans souffrir à chaque instant dans sa dignité d’être libre et intelligente."

"Je ne vois pas bien en quoi l’instruction générale d’une fille doit différer de celle d’un garçon (…), veut-on perpétuer une mentalité particulière à chaque sexe, à notre époque où la femme, se libérant de ses entraves, prouve tous les jours que, malgré quelques différences de détail, sa mentalité est semblable à celle de l’homme."

"Tout n’est qu’affaire d’habitude. Luttons…habituons les hommes à nous voir batailler à leurs côtés et même à leur tête quand l’occasion s’en présente ; ils ne trouveront plus notre conduite extraordinaire."

Sources :

Les Archives 71 conservent le dossier de carrière de Marie Guillot (3 T 691) et quelques documents concernant ses activités syndicales et féministes (M 182).

Publication Marie Guillot : de l'émancipation des femmes à celle du syndicalisme de Liszek, Slava aux Editions L'Harmattan, 1994. (BH 5234)
 

Article du groupe féministe par Marie Guillot (M182)

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