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Une chronique du secrétaire de mairie, Pierre Ferrier

Affichage détaillé (Une chronique du secrétaire de mairie, Pierre Ferrier)


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Crise de la boucherie

Crise de la boucherie - 01/10/1914

Crise de la boucherie - 01/07/1916

Transcription :

En octobre 1914 le prix de la viande de boeuf de 2e qualité était de 1,50 F à 1,80 F le kilogramme ; ce prix s'éleva graduellement à 2,20 F à 2,40 F, les morceaux inférieurs étant vendus 2,20 F dans certains étals, 2,40 F dans d'autres. Cette hausse continue, justifiée en partie par le prix des animaux sur pied, devenait excessive et certains bouchers, ou plutôt quelques bouchères, avaient la maladresse d'annoncer que, puisque MM. Schneider et Cie élevaient les salaires, ils pouvaient bien de leur côté augmenter la viande.
Naturellement ces dires, répétés et peut-être grossis, dénaturés, amenèrent un mouvement de réprobation très vif contre la corporation ; des propos aigre-doux s'engagèrent entre femmes de bouchers sur le front et femmes d'ouvriers mobilisés à l'usine.
La Municipalité jugea utile, avant de prendre parti dans le débat, de se renseigner sur les cours pratiqués par ailleurs ; elle essaya d'autre part d'obtenir des données précises, ou plutôt aussi précises que possible, sur le prix de revient et le rendement d'un animal en s'adressant à des professionnels retraités ; de son enquête il ressortait que les bas morceaux étaient vendus meilleur marché en bien des villes, à Lyon notamment, et que d'un autre côté l'écart était exagéré entre le prix de revient et le prix de vente.
Des démarches officieuses furent d'abord tentées auprès de quelques bouchers pour obtenir un abaissement des prix pratiqués, notamment sur les morceaux inférieurs. Ces démarches restèrent sans effet ; les intéressés déclaraient être dans l'impossibilité de réduire de quoi que ce soit, les cours locaux ; ils clamaient que les ouvriers du Creusot étaient tous aisés,



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