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Une chronique du secrétaire de mairie, Pierre Ferrier

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L'effort de guerre

Conversation d'ouvriers parisiens sur l'effort de guerre - 07/05/1915

Transcription :

Pour apprécier la tenue de toute cette foule, plaçons-nous d'abord au point de vue patriotique, puis au point de vue social et enfin au point de vue moral.
Au point de vue patriotique cette masse bigarrée a dans son ensemble, nous ne pouvons malheureusement pas dire dans son unanimité, une tenue parfaite, une tenue exemplaire. Chacun rivalise de zèle, de courage, d'endurance, pour produire, sachant que ceux qui sont dans les tranchées attendent les obus, attendent les canons ; la volonté de tous est tendue vers un seul but : servir, servir la France, contribuer à la Victoire. Il ne s'agit pas aujourd'hui du patron à satisfaire, il ne s'agit pas seulement de l'intérêt, de la réputation des usines Schneider ; la pensée de tous vole par-dessus cette considération locale, si puissante au Creusot en temps normal, et embrasse le vaste problème qui met aux prises la partie foncièrement noble et la partie hypocritement brutale de l'humanité. A cette lutte chacun se donne sans compter. Le mot que l'on entend dans la bouche de l'ouvrier marque, résume son état d'esprit " Il faut en mettre " et " on en met " mot qui correspond à celui des poilus " On les aura ".
Il y a bien quelques exceptions ; à l'atelier comme au cabaret, comme dans l'alcôve, plus d'un oublie la guerre et veut, anachronisme choquant, reprendre ses habitudes d'antan.
J'ai saisi certain dimanche (7 mai) dans une auberge de Torcy où je m'étais arrêté après une excursion sylvestre quelques mots d'une conversation de deux ouvriers parisiens mobilisés au Creusot, quelque peu pris de boisson : " le pétron, on s'en f.... " et d'autres expressions qui ne laissaient aucun doute sur leurs sentiments intimes. A une table voisine se



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