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Transcription :


CalaisBoulogne, le 4 Juillet 1918.


Ma chère Louisette,


Je t'ecris de Boulogne, tout en surveillant des candidats au
B.S. ; comme il s'agit de l'epreuve
de composition française, on peut mener les 2 choses de front sans inconvénient.
Malgré la guerre, on sent que le Pas-de-Calais est encore un grand département car
nous avons plus de 150 candidats et candidates présent. Nous en aurons pour 3
longues journées très chargées ; et le pire c'est que ce gros supplément de travail
n’est aucunement rémunérateur dans les conditions actuelles, car les vacations
couvrent à peine les frais d'hôtel ; on travaille donc pour la gloire, et tu sais
combien je suis devenu sensible à cet argument. Par contre, j'aurai, à propos
d'examens, une toute petite compensation ; les examens du
B.E. se passeront à Calais cette
année, en raison des conditions difficiles où nous nous trouvons ; j'aurai donc
encore 2 examens sur le dos à organiser, mais au moins je resterai




chez moi, et c'est quelque chose. Pour obtenir qu'un centre d’examen soit créé à
Calais, il a fallu que les familles pétitionnent et que la nécessaire intervention
politique se produise au ministère ; il ne suffisait pas que la mesure fût juste en
soi, il fallait qu'elle fût recommandée par une pression : c'est là notre régime
administratif normal.


J'ai reçu hier ta lettre du 30 juin ; je te remercie de tes longs détails, qui
m'intéressent et m'aident à suivre votre paisible existence ; tu peux, sans crainte
de puérilité, continuer à me tenir au courant de vos menus faits et gestes. Ton
souci de t'approvisionner en confitures est très justifié, et tu deviens adroite
dans l'art de te procurer du sucre ; mais comment Mme Bruneau pourra-t-elle t'en
envoyer 2 Kg ? et cela ne lui manquera-t-il pas ? Je croyais plutôt que Mme Birkel,
grâce à sa pharmacienne, pourrait te ravitailler un peu.– Quant au chocolat, je
doute que tu puisses en trouver ; ici il n'y en a nulle part, pas même à la
cooperative militaire ; il reste cependant des chocolats de luxe à des prix
exh orbitants.– Je souhaite vivement que ta vigne réussisse cette
année et qu'enfin on revoie de vraies vendanges – Il doit commencer à te tarder de
retrouver ton grand garçon ; Père sera revenu à Mazilly pour garder la maison en ton
absence.


Reçois, pour toi et Maurice, mes plus tendres baisers.


Jean



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