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Transcription :


Masevaux, le 10 8bre


Ma Louise chérie,


Je ne t’apporte encore aucune nouvelle touchant mon sursis ; Magnin, à qui j’en ai
écrit, me dit ne rien savoir et n’avoir pas été consulté ; mais son impression
personnelle serait plutôt pessimiste. Fèvre, de Beaune ; est avisé
amicalement que son sursis est à la gendarmerie de cette commune,
mais il ne l’a pas encore reçu officiellement et prévoit même un retard de
q.q. jours. En est-il de même pour moi ?
mon sursis traîne-t-il quelque part dans un bureau militaire ? ou a-t-il été
refusé ? Toujours l’incertitude, mais on sera sûrement fixé dans une huitaine, car
enfin les retards ne peuvent pas s’éterniser.


En attendant, on travaille ferme. J’ai quelque peine à faire aménager mon logement,
car ici comme ailleurs les ouvriers sont rares et très occupés ; toutefois je pense
pouvoir m’installer dimanche prochain, et à ce moment je pourrai te dire ce qu’est
mon nouvel intérieur ; je m’organise comme si j’y devais passer l’année. – Lundi
nous avons eu




une première visite ; c’étaient une délégation de 4 dames américaines,
représentant la presse de ce pays, et chaperonnee par quelques officiers ; leur
beauté n’avait absolument rien de troublant, aussi l’interrogation que j’ai faite
moi-même a-t-elle marché, et les visiteurs sont partis sur une bonne
impression.


J’ai reçu les lettres de mes fils lundi, avec ton post-scriptum ; je suis heureux
d’avoir été compris et exactement obéi : ils n’ont qu’à continuer ainsi. A
André, je réponds qu’il peut immédiatement acheter ses 2 haltères, de 1 ou 2 kgrs
chacune, à son choix ; il fera chaque jour au moins une bonne
séance de gymnastique respiratoire, avec mouvements lents et prolongés ; chaque
séance de 5 à 10 minutes. Maurice se trouverait également très de ce régime,
à la condition d’être patient et méthodique (c’est-à-dire
chaque jour, aux mêmes heures).


Quant à ma petite Lou, je me félicite que la remise en état de son intérieur se soit
faite sans trop de fatigue et sans surprise fâcheuse. Je lui envoie mes vives
tendresses, et de bons gros baisers à mes fils.


Jean



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