Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


Mardi 2 8bre


Ma Louise,


J’ai reçu hier les bonnes lettres de mes fils ; celle d’André est correcte et
sincère, je l’ai lue avec grand plaisir. Celle de Maurice n’est pas dépourvue de
détails précis et marque un progrès sur la précédente au point de vue de
l’orthographe. Maintenant qu’ils sont très occupés, ils reprendront l’habitude de
m’écrire tous les 15 jours.


De toi, j’attends un mot demain, car je sais que tu as été très occupée ces
jours-ci ; et maintenant encore tu dois avoir beaucoup à faire pour remettre ta
maison en état. Tu me diras prochainement si tu n’as pas eu de surprise fâcheuse en
visitant ton intérieur.


Je ne reçois et ne sais toujours rien ; l’affaire des sursis traîne encore plus que
je pensais. Parfois je m’inquiète ; mais sachant que les autres sursis ne sont pas
encore arrivés ici,




je prends patience encore une semaine. Mais passé le 10 courant, je crois qu’il
faudra considérer l’affaire comme enterrée. – A ce propos, que je te dise que les
avions boches sont venus visiter Belfort 2 ou 3 fois la semaine dernière ; on
m’affirme qu’il y a dans la population civile 4 morts au moins et des blessés. Cela
me refroidit ; je désire moins partir qu’être fixé ; tu sais com l’incertitude
est pesante.


Cette nuit, ne pouvant dormir, j’ai beaucoup pensé à toi ; mais, chose étrange, c’est
au temps de nos fiançailles que j’en étais. Pourquoi ? – Mon école va enfin ouvrir
vendredi, les locaux seront prêts, mais le personnel restera incomplet : fâcheux
pour un début ! Cela marchera tant que mal.


Je vais très , encore qu’un peu impatient. Soigne ta santé, en pensant
que les rentrées t’éprouvent souvent un peu. Mes tendres baisers à mes trois
chéris.


Jean



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