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Transcription :


Samedi 22 7bre
1917.


Ma Louise,


Je ne reçois rien de nouveau, touchant la décision qui nous attendons ; ce n’est pas
une raison pour différer de t’écrire.


Tu as du m’attendre vainement tous ces jours-ci et éprouver une petite déception ; il
est vrai que mes dernières lettres t’ont déjà fixées sur les
causes et la durée probable de ces retard. D’ailleurs, malgré
l’absence de nouvelles et malgré certains bruits montrant le Ministère comme très
avare de sursis, je persiste à espérer fermement en mon départ. Cela pourra traîner
jusqu’aux premiers jours d’octobre, voilà tout.


En attendant, me voici depuis ce matin directeur des
2 écoles primaires supres
qui vont s’ouvrir ici le 1er
octobre prochain. Je suis donc aux
prises avec toute une organisation à mettre sur pied ; comme les locaux ne sont pas
prêts, que le personnel fixe sera peu nombreux et n’est même




pas rassemblé, qu’il n’existe ni livres ni matériel d’enseignement, tu as une idée de
la besogne qui m’echoit. Je l’attaque cependant de bonne grâce et avec entrain ; ce
sera très intéressant, si je reste toute la prochaine année scolaire ; et si je
pars, ce sera autant de fait pour mon successeur ; en tout cas, je m’y mets comme si
je devais rester. Mais mes belles heures de doux far-niente sont bien passées, et
tu me sais assez flêmard pour les regretter.


J’ai reçu ta lettre du 17, très intéressante ; parfait que vous passiez de bonnes
journées, et surtout que France soit pleinement remis. Fais à tous deux mes bons
souhaits de voyage et de rapide réacclimatation ; mes regrets aussi de n’avoir pu
les revoir avant leur départ.


Affectueux baisers à tous, grands et petits. A toi mes tendresses.


Jean



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