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Transcription :


Mardi, 11 7bre


Ma Louise,


Je viens de lire ta lettre de samedi passé ; elle a gagné un jour sur les
précédentes, je ne l’attendais que demain.


On ne s’ennuie donc pas à Mazilly avec tout ce groupe de belles jeunesses, dont tu te
retranches en paroles mais sans beaucoup de conviction. Il me semble qu’on aura bien
joué cette année, tant au croquet qu’au tennis, et que vous devez être maintenant
tous aussi adroits que lestes ; surtout vos santés auront beaucoup gagné à ces ébats
au grand soleil. Septembre commence enfin à nous donner la compensation des vilaines
journées d’août ; tes raisins doivent être presque tous noirs, et j’espère que vous
pouvez en manger quelques beaux cette année ; il est probable que vous vendangerez
vers la fin de cette semaine, à peu près au moment où ma lettre t’arrivera. Je
t’approuve




de ne pas faire le repas des vendanges, pour bien affirmer que c’est une gracieuseté.
Surtout ne va pas te mettre sur le flanc à propos de vendanges. Vous n’allez donc
pas utiliser la cuve, puisque Bussière prépare seulement des
futs « en gueule » ?


Tu as du regretter le départ des dames Birkel avec lesquelles tu t’entendais si bien
et que nous sommes d’accord pour apprécier si bien. Par contre tu as retrouvé tes
chers Ainés et aussi le bon Pépé ; te revoilà en famille pour quelques jours :
veinarde ! Tu pourras te flatter d’avoir passé de bonnes vacances cette fois, et je
compte bien que l’heureuse influence s’en fera sentir longtemps pendant cet hiver.
Il ne manquerait plus qu’une chose : c’est que je puisse aller t’embrasser dans une
dizaine de jours ; ce serait bon, hein ?


Ça, c’est encore l’inconnu, pour peu de temps, puisque les sursitaires devront être
rendus à




leur poste le 25 courant. Comme tu me le dis si bien, ce serait beau de me remettre à
une tâche intéressante et intelligente ; il y aurait à coup sûr beaucoup à faire,
mais je m’y attelerais de bon coeur. Ainsi je prendrais pied à mon nouveau poste, de
manière à pouvoir demander vigoureusement une bonne compensation ensuite, dans le
cas où le poste ne serait pas maintenu avec ses avantages actuels. Et puis, dans ce
dernier cas, nous n’aurions pas 2 déménagements à notre charge si nous décidons de
rester provisoirement à Bourges. En somme les choses s’arrangeraient très bien pour
nous, et malgré les inconvénients, cela vaudrait encore infiniment mieux que la
situation actuelle - qui pourtant est très acceptable.


- Au moment de terminer ma lettre, je reçois un pli du facteur contenant des notices
à compléter en vue de demander ma mise




en sursis ; c’est donc qu’il va me proposer, et c’est le point essentiel ; j’en
conclus que j’ai maintenant beaucoup de chances d’obtenir satisfaction, et mon
attente va devenir un peu plus impatiente. Tu vas sans doute être de même ; mais au
moins que la fin de tes vacances n’en soit pas gâchée.


Dimanche j’ai fait une belle promenade au Rossberg ; 4 heures de montée pour
atteindre à 1200 mètres ; malgré le brouillard, nous avons pu admirer la très
pittoresque vallée de la Thur (ou vallée de St Amarin) ; le
retour s’est effectué dans la brume épaisse, et j’y ai cassé le bout de ma solide
canne. - Depuis je travaille, mais avec l’esprit ailleurs.


Mes affectueuses embrassades à toute la maisonnée, grands et petits. A toi mes plus
vives tendresses.


J Déléage



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