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Transcription :


Dimanche 24 Juin 1917.


Ma Chérie,


On venait de me souhaiter ma fête à la popotte, et naturellement j’avais arrosé le
bouquet qu’on m’avait offert ; ça avait été mélancolique malgré tout ; et, en
portant le tout, j’avais conclu que j’étais doublement de la St
Jean…


Mais en rentrant au bureau, je trouve votre lettre qui me réjouit sincèrement et
profondément. Les souhaits de mes fils, si naïvement simples et vrais, font chaud au
cœur du papa, et il me semble que je les en aime un peu plus, ces chers Petits ! Tu
les remercieras pour moi en leur donnant un bon gros baiser.


Quant à tes souhaits, je les accepte de grand cœur, avec l’espoir qu’ils nous
porteront bonheur. Surtout, tu as su trouver de nouveaux accents pour me redire ton
affection et ton amour ; cela




paraît pourtant si difficile quand on compte plus de 14 ans de mariage ! tu as réussi
ce gracieux tour de force, et je t’assure que j’ai un peu tressailli à l’évocation
de mes caresses récentes ; sois en remerciée du plus profond de mon cœur, et crois
qu’elles me manquent aujourd’hui tes chaudes et vibrantes caresses ;
com j’aimerais te faire fête ce soir, et te dire au moins la moitié de ce que
je sens ! Enfin ! le souvenir de nos heures d’amour, la certitude qu’elles
reviendront, la sensation qu’elles sont attendues, tout cela nous aidera à attendre.
Mais tu es toujours ma petite Femme tant aimée, et un peu follement aimée.


- Aujourd’hui repos par beau temps dans une superbe vallée ; demain, reprise des
pérégrinations. Tout se passe très pour moi, pas de bobo, pas de grosse
fatigue ni de privation, rien qu’un peu de maladie du sommeil : c’est bénin comme tu
vois.


Je t’embrasse toute, longuement.


Jean



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