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Transcription :

Lundi 11 Juin 1917.

Mes chers Enfants,

J’ai reçu hier vos lettres du 7 courant ; elles ont été d’autant mieux accueillies que je les attendais.

Vous me dites que la semaine qui a suivi mon départ vous a paru longue ; pauvres chéris ! moi aussi les jours m’ont paru longs. C’est que nous étions si heureux ensemble, les soirs surtout à jouer aux cartes ; vous vous rappelez comme on achetait Maurice très cher, et comme André montait haut les enchères. Prenez patience, ces bonnes soirées reviendront, et on sera de nouveau heureux à la maison.

Je lis avec plaisir que vous avez su m’obéir en ce qui concerne vos disputes et que vous ne vous êtes pas battus. Il faut continuer ainsi, et que votre lettre de la prochaine quinzaine me dise que vous restés sages à la maison. Vous savez que j’y tiens absolument.


La bonne place méritée par Maurice m’a fait un sensible plaisir ; je lui en fais mes compliments et prends part à sa joie. Voilà qui va l'encourager à redoubler d’efforts en cette fin d’année.

André me raconte très franchement ses petites misères et ses déceptions ; j’aime beaucoup cette franchise, et grâce à elle nous resterons toujours de parfaits amis. J’applaudis aussi à sa résolution de fournir ces mois-ci un gros effort pour compenser les faiblesses du mois passé ; ses notes de version deviennent en effet trop basses, et sa note d’histoire est à peine suffisante : il faut finir l’année scolaire en beauté. Attention à ce malheureux genou qui finirait par lui gâter ses vacances, si on ne faisait tout le nécessaire.

J’envoie à mes 2 chéris de gros baisers, bien tendres et bien sonores.

JDéléage


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