Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


Jeudi 8 Mars.


Ma chère Louise,


Ta lettre du 6 vient de m’arriver, et naturellement elle constitue le meilleur de ma
journée.


Enchanté que tu continues à guérir, bien que « ce trou » ne veuille pas se fermer.
Minet ne m’inspirait aucune inquiétude, mais tout de même je ne suis pas fâché de le
savoir très bien. Tu es sans doute déjà fixé au sujet de ton grand, je le suis
depuis hier : son bobo a passé après [6] heures de lit, et le voici
maintenant repris à ses occupations. Il ne se plaint que d’une chose, c’est de
manquer de nouvelles sur la guerre ; j’ai pu facilement satisfaire son désir. A ce
propos, je suis un peu surpris qu’en une pareille époque les journaux ne pénètrent
pas au lycée, et que tous ces jeunes gens ignorent tout de ce qui se passe.


Depuis dimanche, il fait bien mauvais ici ; il neige abondamment ; serait-ce une
reprise d’hiver ? Espérons que non, car nous en serions assez gênés.




Notre projet de nous retrouver à St Etienne
dans une quinzaine est définitivement fichu, et pour cause de force majeure…..
Comme, de plus, il faut t’attendre à une période de retard dans l’arrivée de mes
lettres, tu me comprends très bien n’est-ce pas ? Je préciserai quand je le pourrai.
En attendant, je me félicite de la journée de dimanche : plus que jamais il faut
jouir du présent et ne jamais préjuger l’avenir.


Comme va Jean-Baptiste ? se soigne-t-il ?


- Ne t’étonne pas du décousu de ma prose, je m’y suis repris au moins à 10 fois pour
écrire ces q.q. lignes : téléphone, ordres,
entrées, sorties, nervosité, tout grince autour de moi.


Bonne nuit ; ne t’en fais : c’est peut-être un mieux qui
ns attend !


Embrasse bien affectueusement toute la maisonnée pour moi.


Jean



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