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Transcription :

Mardi 6 Mars. [1917]

Ma Louisette,

La journée a passé sans que j’aie trouvé le temps de t’ecrire ; mais comme j’ai promis, je m’exécute à 10 heures du soir.

Mon retour s’est effectué sans encombre ni ennui, sauf bien entendu la petite heure de retard qui devient presque réglementaire. Le lundi matin, à Lyon, j’ai pris le train avec le grand patron que sa femme venait d’accompagner. Et, chose bien inattendue, elle m’a demandé des nouvelles de ma famille, s’est intéressée à ta santé, et m’a annoncé qu’elle irait te voir ! Il y a mieux : elle quittait son mari, et pourtant presque à voix basse elle m’a demandé si je savais quand le régiment quitterait le village où ns sommes ; “j’en suis resté comme 2 ronds de flanc“, et n’ai pu que lui dire mon ignorance. Redoute-t-elle des cachotteries de son “Pierre“ ? Celle-là est bonne n’est-ce pas ?


Rien de changé ici ; pas mal de papiers, le patron reprend ses nerfs : il n’a pourtant rien d’une jolie femme ! Il serre la vis pour les permissions, la prochaine me paraît bien incertaine. Et pourtant c’est dommage, car ns avons sans doute encore une quinzaine à passer ici. Et puis c’est si bon, tu te rappelles, de se retrouver et de te rechauffer, et d’allumer la malice de Catherine, et le reste quoi ! Enfin ne jetons pas le manche après la cognée, les choses s’arrangeront peut-être.

Je n’ai reçu aucune lettre : rien à répondre ! Demain j’attends le mot de notre grand, et il me tarde un peu de savoir si son bobo est passé.

Enfin on a passé dimanche une bonne journée, dans le sens complet du mot, ce souvenir me tiendra compagnie.

Mes affectueuses embrassades à toute la maisonnée ; à toi mes caresses.

Jean


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