Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


FRAD071_19170219_53J6_0942

Transcription :

Lundi, 19 février

Ma chère Louise,

Me voici à peu près réhabitué ; je résiste au cafard, et les circonstances m’y aident. Nous sommes plutôt bien installés : salle de mairie, vaste et claire, mais sans feu depuis qu’on a brûlé la cheminée. Mon rhume a cessé comme par enchantement depuis que j’ai retrouvé ma bonne paille : ce n’est ni une blague, ni une malice. Seul mon mal de dos est rebelle à l’aspirine et aux frictions, mais il finira aussi par céder ; grâce au beau soleil et à la persévérance. Nous vivons bien, chez de braves gens qui n’avaient guère eu de soldats jusqu’ici : cela explique leur aimable obligeance.

La proximité de Lyon enchante beaucoup de mes camarades ; assez nombreux sont ceux qui ont passé la journée d’hier avec leur femme, Vaudoux en est revenu avec des yeux grands comme ça ! et je lui ai demandé combien de fois il était tombé


sur les genoux, avant de se faire de tels yeux : il a modestement baissé les yeux. Que ne peux-tu venir aussi ! C’est peut-être moi qui ferai le voyage samedi ou dimanche, si on veut bien m’y autoriser ; le hic, c’est que le grand chef rentrera dans 2 jours et que les largesses en permissions risquent de cesser ; enfin je tâcherai.

Et toi comment vas-tu ? Souffres-tu ? Dors-tu ? Les pansements se font-ils facilement ? pas de complications, je pense ? Minet est-il bien habitué à sa nouvelle vie ; il n’est d’ailleurs pas à plaindre, ce cher petit veinard ! Mais pendant ces 4 jours, notre grand risque de s’ennuyer ; ce supplément de vacances tombe mal pour lui ! Enfin, nous n’y pouvons rien ; j’attends de ces nouvelles après-demain. La famille Terra va sans doute très bien, et André conserve sa belle ardeur pour les math.

Embrasse bien affectueusement toute la maisonnée pour moi ; à toi mes tendresses.

Jean


Aucun commentaire