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Transcription :


le 2 Janvier 1917


Mon Jean Chéri,


Il est 4 heures, le facteur ne fait que de passer, c’est invraisemblable. Il
m’apporte ta bonne lettre au lendemain de l’arrivee au repos et tes bons conseils de
sagesse. Je vais tâcher de me mettre à l’unisson.- Je me demandais si le jambonneau
pourrait se conserver jusqu’auton l'retour
au terrier : dans cette
crainte et pour y parer je viensvenais
d’acheter un autre saucisson
qui est entrain de cuire car celui que tu as est de bien petite dimensions et
voilà


[Surplus]


PS - Le saucisson est cuit. Je le garde mais si tu le veux
tu n’auras qu’un mot à dire.




que je reçois aussi une lettre de cette bonne Dia qui m’annonce qu’elle t’a envoyé
hier un quartier de dinde rôtie et qu’elle t’en renverra un autre dans le courant de
la semaine. Aussi je garderai mon saucisson mais tu ne perdras pas au change et
vraiment c’est gentil de sa part d’avoir enfreint la consigne. Je la remercierai
même de tout cœur car pendant les séjours aux tranchees ton menu ne sera jamais trop
varrié. Je me contenterai de mettre à la poste mon tout petit paquet de chocolats à
la crème.- Il faut te résigner mon petit Chéri à te laisser gâter tant




surtout que tu seras dans ton souterrain. après nous verrons. Pour les
J’attendrai néanmoins tes instructions pour les envois suivants.


C’est aujourd’hui jour de grande paye. J’ai porté mes 350 frs
à la propriétaire et je viens de donner 101f,20
105,20 francs au facteur. pour la contre-assurance de la Mutuelle.


- J’ai liquidé ma correspondance. La carte de France dont je te parlais était celle
que tu m’as renvoyée. Tu n’as pas remarqué qu’elle était passée par Bourges. Je
m’étais contentée de la fermer après l’avoir lue. France s’imaginait que
tu avais changé d’adresse - Figure-toi que j’avais presque eu envie de ne pas te




l’envoyer, tant j’étais sûre de l’impression qu’elle te produirait


- Moi je vois que les offres de bien laisseront quelque chose quand même et que la
guerre se terminera surement avant l’autre hiver. Mme
Lotte me disait et j’apprécie son avis qu’en temps qu’il
est probablement celui des milieux militaires que l’essentiel était qu’on est
[convenu] à parler de paix. Moi je veux espérer dans ce sens et c’est ce qui
m’aidera avec la perspective de te revoir d’ici un mois, à passer cette période un
peu pénible


Les Enfants m’ont tenu très agréablement compagnie pendant cette semaine de vacances.
Minet a repris ses classes ce matin, André le fera demain et tout rentrera dans
l’ordre. Tous deux se joignent à moi pour t’embrasser bien tendrement


Ta Petite Louise



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