Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


Mardi 21 9bre


Mes chers Enfants


Je viens de relire vos gentilles petites lettres du 16 courant ; elles m’ont fait un
vrai plaisir, car elles me montrent que vous pensez à votre papa, qui lui aussi
pense pense si souvent à vous ! Elles me montrent encore que
vous continuez à bien travailler en classe, et que, à la maison, vous vous conduisez
bien à l’égard de votre petite maman. Je vous répète que tout cela me fait beaucoup
de bien, et m’aide à trouver les jours moins longs ; vous voyez qu’en restant de
bons enfants, vous me rendez service même à distance. Vous continuerez, n’est-ce
pas ?


Maurice a fait, dans sa composition d’orthographe, moitié moins de fautes que la
dernière fois ; cela doit l’encourager, car il a déjà réalisé d’un mois à l’autre un
réel progrès ; je suis convaincu qu’il terminera l’année scolaire en faisant très
peu de fautes. Quant à sa punition, ce n’est pas moi qui en aurait demandé la
diminution, au




contraire ! elle était bien méritée ! Comment, mon Minet qui s’expose à se tuer en
glissant sur la rampe d’escalier ! Que ce soit la dernière fois, hein mon
blondin ?


André m’a envoyé un bon bulletin de quinzaine, qui me satisfait entièrement, bien que
Suby l’ait provisoirement dépassé en allemand. Il me montre qu’il a beaucoup de
travail ; je suis fier pour lui qu’il ait le courage de se lever chaque matin vers 5
hres ½, et de préparer avec tant de soin ses compositions. Avec cette énergie, il
pourra faire quelque chose de très bien ; mais à une condition : c’est qu’il
conserve une très bonne santé. Vois-tu, mon grand, être robuste c’est, pour un homme
surtout, la première des choses ; si tu savais comme je vois des gens malheureux à
cause de leur mauvaise santé ! Et bien, pour garder sa santé, il faut au moins 2
choses : ne jamais travailler après dîner, se coucher à 8
hres ½ au plus tard pour dormir au moins 9 heures par
jour. Crois-moi, il faut cela à un garçon de ton âge ; je sais bien que cela te
privera de quelques lectures intéressantes ; je sais aussi que tes compositions
seront moins préparées ;




mais tant pis ! j’aime mieux de moins bonnes notes et de plus belles joues. Malgré
l’ennui que cela te causera, il faut absolument suivre mes deux conseils ; tu sens
bien que je dis cela dans ton intérêt, pour que mon André devienne un beau et solide
jeune homme. Alors c’est une affaire entendue, n’est-ce pas ?


J’aimerais beaucoup te voir jouer au foot-ball ; c’est un jeu sain et agréable. Mais
avec de grands camarades, c’est un jeu fort dangereux. Aussi tâche de trouver des
camarades de ton âge pour organiser une partie, et alors donne-t’en à cœur joie ;
naturellement avec l’autorisation de ta maman.


Je t’ai envoyé quelques journaux intéressants ; je continuerai chaque fois que
l’occasion s’en présentera ; ainsi ce soir je t’envoi un N° de « la Baïonnette » qui
contient des gravures amusantes.


Je vous quitte mes 2 chéris en vous embrassant bien fort et bien des fois sur les
deux joues.


Jean



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