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Transcription :


Bourges, le 27 juillet 1916


Monsieur l’Inspecteur


J’ai beaucoup tardé pour répondre à votre aimable lettre. Mais nous étions en congés,
les examens des brevets de capacité ayant fait manquer les classes pendant quinze
jours, je n’avais pu parler à M. Vinçon et à M Bruneau.


Dès lundi dernier, je leur ai fait part de votre désir, au cas où Maurice n’irait pas
au lycée.


Tous deux n’ont vu aucun




inconvénient à ce que le petit entre en 1e classe au mois
d’Octobre, attendu que beaucoup de « non » certifiés » et même des
« certifiés » qui passeront forcément avec M. Bruneau à la rentrée ne le vaudront
pas. La vve Joyeuse a eu un échec colossal, 20 élèves
seulement ont été reçus sur une soixantaine de présentés. Résultat analogue chez
Melle Desserin ou 19 élèves ont été reçues sur une
L cinquantaine. Les parents auraient bien dû s’y attendre,
l’effectif de ces écoles augmentant sans cesse depuis deux ans. M. Marty en avait
plus de 70 au début de l’année et Melle Julien
presque autant. Que faire des élèves médiocres dans ces conditions ?




Il est heureux que vos enfants soient maintenant à la campagne car la chaleur sévit
maintenant à Bourges et nous sommes très mal dans nos salles trop
remplies. Mon collègue Charenton, officier d’administration à Alençon m’a écrit
l’autre jour. Beaucoup là-bas dit-il ne croient pas à une campagne d’hiver, mais il
n’ose guère plus que vous et moi s’associer à cette opinion.


Espérons cependant voir la fin du cauchemar sinon cette année tout au moins au
commencement de l’an prochain.


Les instituteurs auxiliaires R.AT vont retourner à leur poste au mois d’Octobre,
mais ce sera un bien faible appoint. Il y en a 18 seulement pour le Cher. La
réorganisation continuera donc





à régner dans l’Université jusqu’à la fin de la guerre.


Je pense que Maurice passera une bonne année qu’il aille au lycée ou qu’il entre chez
M. Bruneau. Celui-ci, en particulier, est intéressant dans son enseignement et très
paternel. Maurice le connaît bien et l’aime déjà beaucoup.


Au revoir, Monsieur l’Inspecteur, agréez avec mes meilleurs souvenirs l’expression de
mes sentiments respectueux. Mes collègues et M. Vinçon me chargent de les rappeler à
votre bon souvenir.


Lucquet



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