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Transcription :


Dimanche 9 Juillet 1916.


Mes chers Enfants,


J’ai lu hier, avec bien du plaisir, votre lettre du 6 juillet ; et je veux sans
tarder vous dire que je suis satisfait de vos résultats de fin d’année. André a fait
des compositions finales très franchement bonnes, et n’étaient ses quelques erreurs
en cours d’année, il se classerait peut-être le premier de sa division ; mais enfin,
tel qu’il est, le résultat d’ensemble lui fait encore honneur ; et surtout, je lui
sais beaucoup de gré d’avoir fourni un travail intense jusqu’à la fin : cela sent
déjà le jeune homme sérieux.– Maurice se classe à un très bon rang pour son âge, et
surtout il a gagné des points et des bonnes notes ; je suis convaincu que M. Lucquet
m’enverra un bon bulletin de fin d’année ; il ne manque qu’un mot dans sa petite
lettre, presque sans faute, c’est de me dire si sa santé est restée bonne.




Donc, mes chers Petits, vous avez fait une bonne année de travail, malgré mon absence
et malgré diverses conditions défavorables. Vous le devez en partie à votre petite
Maman qui a pris grand soin de vous et vous a aidés comme il le fallait ; vous allez
donc l’embrasser plus tendrement encore que d’habitude pour lui prouver votre
reconnaissance et lui faire oublier lesvos
nombreuses
petites sottises.


Et maintenant, vous pouvez partir tranquilles à la campagne, vous avez bien mérité
vos vacances. Jouez bien, sans trop de fatigue (surtout pour mon Minet) ; restez
dehors le plus souvent possible ; prenez beaucoup de goujons, cueillez des plantes
intéressantes. Naturellement, et plus que jamais, obéissez vite à Maman,
et rendez-lui tous les petits services possibles, et ce sera
parfait.


Comme elles vont être bonnes les vacances de cette année, avec André et Jeanne Terra,
avec l’oncle qui saura faire faire d’agréables promenades et qui est
lui aussi un botaniste, enfin avec deux tantes qui vont vous gâter ! Ah ! les
heureux petits




gars ! Je voudrais bien en être, vous savez.


Allons, à bientôt une lettre de vous et la carte annoncée par André ; en attendant,
je vous embrasse bien longuement et bien joyeusement


Jean




Ma Louisette,


Pour cette fois, tu n’auras qu’un coin de lettre. Je n’ai guère, d’ailleurs, qu’à te
souhaiter bon voyage, et à te faire mes tendres vœux de santé et de bonne humeur.
Jouis bien du calme, de la tranquilité, de la liberté de la campagne ; ne te
laisse pas impressionner par telle circonstance d’apparence fâcheuse qui pourrait se
produire.– Tu ne seras d’ailleurs presque jamais seule : Père et Marie d’abord, les
miens ensuite te tiendront compagnie, t’aideront, te sauveront de l’ennui, tout en
te laissant ton entière liberté d’allure.


Ton mot du 6 m’a, comme toi, débarrassé d’une préoccupation ; maintenant que le
courrier recommence à arriver, je suis tranquille. Mais le même retard se reproduira
au cours des vacances, n’en doute pas ; et il y faudra ajouter les 24 heures
supplres pour l’arrivée du
courrier à Mazilly ; donc ne t’en alarme pas, rappelle-toi ce qui vient de se
passer.


J’ai ecrit ce matin à Hatier, pour accepter en principe tout en y mettant mes
conditions ; aussi n’est-il pas certain que la discussion soit close.


Tendres bises dans le cou. Ton Jean



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