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Transcription :


Dimanche 25 Juin 1916.


Ma Chérie,


Rien de bien saillant depuis mon mot de vendredi, sinon que je viens de lire ta
lettre de ce même jour et que les bonnes nouvelles sont les bienvenues ; les
papillons noirs sont partis, la santé est bonne chez tous ; André travaille ferme,
obtient de bons résultats, et se conduit bien ; Maurice est un gentil
commissionnaire : tout cela est excellent. Et comme je comprends vôtre hâte de
partir pour Mazilly !


Autour de moi, beaucoup de mouvement et de travail dont je ne puis te dire le
détail ; j’en conclus que q.q. chose se produira à
assez bref delai ; chez nous, ce sera peu de chose, car il n’y a pas ce qu’il
faudrait pour un grand coup ; mais à notre droite et surtout à notre gauche, je
crois que ce sera terrible. Pourvu seulement que les résultats soient proportionnés
aux sacrifices !


Hatier m’a répondu hier, me disant qu’il n’a pas dit son dernier mot, et me demandant
de lui faire connaître le mien. Je lui réponds aujourd’hui




que je résilierai pas à moins de 2.000 francs ; va-t-il encore marchander ou céder ?
Je ne sais ; mais, entre nous, cette somme serait une assez belle aubaine en ce
moment surtout, et mes heures de travail seraient encore remunérées à un assez joli
taux. Qu’en penses-tu ? En tout cas, il est temps que cela finisse, car notre
correspondance devient plus aigre que douce. Comme tu le dis, je tâche de faire pour
le mieux.


A mardi la suite de mon journal, avec mes tendresses les plus douces.


Jean



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