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Transcription :


17 Juin 16 [1916]


Mon Cher Jean,


André s’est aperçu ce matin qu’il avait laissé passer
leson
jour de t’écrire, il ne faudra pas lui en vouloir car toute sa
matinée de Jeudi a été occupée soit à ses leçons soit à sa composition et notre
soirée entière a été passée en promenade. Le voici presque complètement débarrassé
de ses compositions et il n’en est pas fâché. il n’y a plus que celle de
récitation qui soit un véritable jeu en comparaison des
autres.


18 Juin. _ J’ai fait hier la paresseuse car ma lettre est restée inachevée. - Je
reçois à l’instant ta bonne lettre du 15, elle fixe un peu mes pensées errantes
à




ton sujet sans toutefois me rassurer puisque je te sais maintenant dans les
tranchées. Enfin espérons que tout ce que tu me dis sera vrai tant que vous tiendrez
le secteur et gardons toute confiance. Mon courage se renforcera de l’espoir de la
permission. Je trouve que Varriot a bien de chance de repartir si vite chez
lui et que sa femme est favorisée. Espérons que ton
tour ne suivra pas de trop loin ; on a tant besoin de se revoir pour arriver à
supporter cette interminable séparation.


Nous avons bien fait de bien profiter Jeudi de notre soirée de soleil car depuis
pluies et vent se succèdent. Ce soir nous en serons réduits à rôder
un peu dans la ville dans le but surtout de nous fleurir de roses au profit des
blessés
, car aujourd’hui des Enfants des Ecoles promènent des




charettes remplies de roses pour les vendre au profit des blessés.


On arrive à manquer d’argent un peu partout et l’on s’ingénie pour en trouver. - Les
Dames de France organisent une kermesse pour le début de Juillet, j’ai brodé deux
petits napperons pour augmentéer la recette de Madame Gravière.


Et maintenant que te dire mon Aimé ! Je suis d’ailleurs obligée d’écourter car il me
faut écrire à Père et à Berthe.


Nous t’embrassons avec tendresse en espérant du fond du cœur que ta sécurité ne
deviendra pas trop précaire. Ta petite femme qui t’aime


Louise



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