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Transcription :

Mardi 16 Mai 1916.

Ma chère Louisette,

Notre mouvement de cette nuit s’est effectué sans encombre ni fatigue excessive, par beau temps ; j’ai dormi toute la nuit sur ma paille comme un bienheureux, à peine si je sentais les puces, quant aux rats ils ont pu voyager sur mon dos sans m’éveiller.

Ce matin, le ciel est radieux, on se sent heureux de vivre. Demain, lever à 3 heures ; 2 jours de marche et nous reverrons la mer, la plage et les villas bariolées, mais pas celles de St. Malo… Tu comprends ? On s’en fait une fête, surtout si elle dure ! Pourrai-je y trouver un lit ?


Et vous tous que devenez-vous ? Je parie que les heures passent vite : on en a si long à se dire les uns et les autres ! Tants de faits, d’émotions de pensées à raconter ! Je m’explique que ma petite femme me mettre au régime des petits mots (j’espère qu’ils seront substantiels !) ; j’ai reçu hier sa lettre datée du 11 : inutile de t’en faire en ce qui concerne le passé, superflu de penser à l’avenir. Jouis du présent, qui est bon.

Mes embrassades à la ronde, et mes tendresses aux petits et à ma Louisette.

Jean

P.S. Cabard vient d’être évacué pour cause de gâle, après avoir fait de multiples beuveries : déchéance !

Mon Minet veut-il que je lui envoie un porte-plume semblable à celui d’André (2 cartouches soudées) ?


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