Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


FRAD071_19160507_53J6_0591

Transcription :


Dimanche 7 mai 1916.


Ma Chère Louise,


Je pense que vous avez fait comme moi, que vous avez réintégré votre logis. J’ai eu
bien à faire depuis mon retour, quel embarras c’est, une femme ! et les vêtements
d’hiver à ranger, et préparer des vêtements d’été, et jupons et robes et chapeaux,
c’est à n’en plus finir. Il faut




dire que je me suis montée : je me suis fait une robe grise en tissu anglais que j’ai
pris chez tante Jenny ; comme elle liquide son magasin, je me suis acheté deux
autres robes en drap, et vraiment, quand on a vu les prix ailleurs, ce n’est pas
cher ; je les ferai plus tard, je les trouverai toujours. Je me suis acheté un
chapeau couleur tête de nègre que j’ai garni de fleurettes bleu et bis,
il est sobre et de bon goût, je crois, il ne me revient qu’à 14 frs ; il faut vous
dire qu’à St-Etienne, en vitrine, à 22 frr
c’était de vraies horreurs de chapeaux ; ma sœur m’en a fait un petit avec du satin
bleu et noir que j’avais, il est très coquet, si bien que je le trouve trop bien
pour accompagner les rangs ; et ma robe grise ne me revient pas à 35 frs. je suis
donc contente de ma toilette qui, au surplus me va bien.


Comment allez-vous ? bien, j’espère, les enfants aussi. J’ai eu une carte de Jean,
il me semble que ça a été un peu dure la réaccoutumance à la
vie militaire ; a-t-il obtenu ce qu’il avait demandé dont Catherine m’a dit deux
mots ? Je voulais vous envoyer des dalhias tubercules de dahlias, mais
les gens qui devaient m’en donner ont des ennuis, je n’ai pas osé les demander, aux
vacances je tâcherai de trouver d’autres fleurs à repiquer que vous arrangerez comme
vous voudrez.




Je vous remercie Monsieur Bernard de son bon souvenir et je vous prie,
quand lui écrirez de vouloir bien lui transmettre mon souvenir affectueux.


Ma Directrice est toujours là, pas de changement ; imaginez-vous qu’elle devient très
aimable, je n’ai que peur qu’elle m’aime tout plein maintenant ; elle doit commencer
à comprendre qu’elle avait créé de toutes pièces un personnage hostile, qu’elle doit
voir tout autre aujourd’hui. Je vous envoie du petit muguet embaumé, j’en ai mis à
Jean, c’est du porte-bonheur.


Au revoir chère Louise, je vous embrasse affectueusement, ainsi qu’André et
Maurice.


Claudia



Aucun commentaire