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Transcription :


Mercredi 29 mars 1916.


Ma Louisette,


Je lis ta lettre du 26, et j’y réponds de suite, car elle me suggère plusieurs
réflexions utiles. Mais classons bien, afin d’eviter les malentendus.


1° Je ne change rien à ma lettre d’hier, toutes mes indications sont maintenues ;
ainsi la réponse que tu m’ auras déjà faite avant de recevoir ce mot
n’aura pas besoin d’être annulée, elle sera seulement complétée sur le point suivant.


2° J’ignorais que tu avais un train de nuit partant à 20h res
30 et arrivant à Beaubery à 6 h
res 40, c’est pourquoi je n’en ai pas parlé hier. Mais puisqu’il
existe et qu’il ne paraît pas t’effrayer, prends-le le
12
. Nous y gagnerons ceci : nous retrouver 7
heures plus tôt, passer une journée de plus à Mazilly, nous installer en plein
jour.


J’arriverai le 13 à 1hre 50 du matin à Nevers.




Mais ne cherche pas à m’y rencontrer, car la gare sera
encombrée, mon train bondé (1000 à 1200 militaires), les arrêts très courts. Moi, je
chercherai à vous retrouver, car je ne risque rien, et encore le ferai-je
prudemment. Si ns ne pouvons
nsabbr> rencontrer à Nevers, ns
ns
trouverons sur le quai à Moulins 1 heure plus
tard ; peut-être est-ce le même train qui ns
transportera de Nevers à Moulin, peut-être 2 trains se suivant à 10 minutes
d’intervalle (sauf retard dans mon train, ce qui est toujours possible). Dans le cas
où mon train auraît du retard, je vous chercherais devant ou dans les salles
d’attente.


3°Fais moi connaître, si tu le peux, l’heure de départ de Moulins pour Paray (vers 4
hres sans
doute).


4° Prends tes aller et retour pour Beaubery, quitte à les faire prolonger pour Mâcon
si tu ne me trouvais pas à Moulins.


5° Pour commander la voiture, je suis plus embarrassé, car il n’est pas absolument
certain que je partirai le 11. Cependant, si tu es décidée




à monter directement à Mazilly, même sans moi, n’hésite pas à la commander (Tu sais
l’adresse : M. Grandjean-Buffet, hôtelier à St Bonnet de Joux).


6° Tu peux commander du beurre aux Chemarin ; on le prendrait en passant.


7° Pour mes vêtements, apporte mes 2 caleçons en toile du régiment, et si tu le veux
ma culotte de velours ; je trouverai bien là-bas un vieux veston et un chapeau.


Et voilà, j’ai répondu à toutes tes questions ; Souhaitons maintenant que rien ne
vienne se mettre en travers de vos projets. Surtout, ne vas pas, par excès de
travail, te mettre sur le flanc.


Je me suis fait tailler un pantalon pour t’arriver propre : il va très bien. J’ai
aussi commandé une belle vareuse, mais hélas elle ne sera pas prête pour mon
départ.


Ça ne fait rien, tu me trouveras beau tout de même, dis ? Quant à toi, je veux te retrouver jolie.


Notre vie ici se poursuit monotone




mais nsabbr> avons q.q. loisirs, car la
paperasse chôme un peu,


et le patron est plus «gracieux».


Ces jours vont me paraître longs, avant de partir pourtant mes «songeries» les
aideront à couler.


Embrasser bien mes Chéris, qu’il me tarde aussi de retrouver. A toi 2 gros bécots sur
les 2 bouts roses.


Ton Jean



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