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Transcription :


Bourges le 17 AvrilMars
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Mon Aimé

L’annonce de ta permission probable m’a remplie di joie. Que je vais être heureuse de te revoir et l’attente m’apporte déjà un peu de ce grand bonheur. Une fois ma petite fatigue passée, je vais me mettre allègrement à la besogne car je veux pouvoir profiter autant qu’il sera possible de ta chère présence.


Puisque cette bienheureuse permission va se trouver aux approches de Pâques, il faudrait




que nous tâchions de la passer dans lce
cher Mazilly où il me semble que tu serais encore plus heureux de te retrouver. Tu dis que tu pourrais bien arriver vers le 10. Pour bien faire, il faudrait que cela tarde de deux ou trois jours.
Ainsi si tu arrivais le Mercredi 12, tnous pourrions peut-être pour une fois tout .à. fait exceptionnelle faire manquer les cours du Vendredi et du Samedi à André et partir le jour de ton arrivée pour la campagne. Dans ce cas, pourrais-tu tout de même passer nous prendre à Bourges et pourrais-tu ne faire partir ta permission que



de Beaubery ? Evidemment ce sera à toi de voir si la chose est faisable. mais si tant soit peu le temps voulait se mettre de la partie, comme nous serions heureux de nous revoir dans notre chère campagne. Voici des beaux projets qui vont m’aider à franchir allégrement le mois qui nous separe encore. Et si cela s’arrangeait ainsi, nous serions vraiment favorisés quant aux dates de tes permissions. Après, si la guerre ne se termine pas vite ; ce sera encore à Mazilly que tu reviendras nous voir. Il me semble maintenant que je passerai




facilement cette fin d’année scolaire. Si surtout tu passes avec nous le début des vacances de Pâques,
j’aurai lPère pour m’aider à trouver moins grand le vide que tu laisseras et après je rentrerai plus
courageuse à Bourges. Et puis je t’aurai revu, j’aurai retrempé ma vaillance à ta bonne humeur et à ta câline
tendresse et peut-être aurons-nous cette fois en nous quittant l’espoir de voir se terminer cette terrible guerre.
Je crois jque
je n’en finirai pas de noircir mon papier sur ce cher sujet, j’y reviendrai souvent.


- Mon petit flacon de rhum est prêt ; je pense que sa platitude se glissera facilement ds


la musette de Berthelier. Je lui confierai aussi ma lettre, qui de la sorte, t’arrivera deux jours plus tôt. Avec elle, il t’apportera donc toutes les tendresses les plus câlines de ta petite femme et les baisers de tes blondins.


Louise



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