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Transcription :


Mercredi,1er mars 1916


Nous sommes au même lieu que lors de ma dernière lettre, et dans les
mêmes conditions : c’est-à-dire pas mauvaises. Cela se prolongera encore pendant une
semaine, puis ce seront les trous.


Le temps s’est remis un peu ; la pluye
neige et la gelée ont cessé, ce qui fait que ns sommes au chaud sur
notre paille. Nous y sommes alignés et serrés comme des anchois, on peut à peine se
retourner sans enfoncer le coude dans le nez du voisin, et le matin j’ai le côté
droit dolent (j’avais perdu l’habitude !) ; à part ce petit détail tout va bien ; on
ns apporte même le jus chaque matin à 7
hres
sur la paille et c’est un spectacle assez pittoresque. Nous
ns ruinons presque à table, sans pourtant
faire de « l’extra », c’est que ns payons le vin
1fr,50 ; à ce propos, un viticulteur de Buxy (près Châlon) rentré de
permission me dit qu’il a vendu son vin très ordinaire de 1915 180 francs
la pièce pris en cave ; les vins du Midi valent de 80 à 90 francs l’hecto gare
départ : quelle affaire d’or pour ceux qui ont des futs pleins ! – A propos de ton
projet de voyage à Mâcon, je lis sur mes notes officielle que cette ville est
interdite aux permissionnaires pour raison d’epidémie : la situation sanitaire s’y
aggraverait-elle ? Je ne doute pas que,






avant d’y aller avec les enfants, tu te seras bien renseignée. T’ai-je
dit que la proportion des permissions a été abaissée à 5% de l’effectif du Régt ; voilà qui ne va guère avancer mon
tour ; quant à le fixer même approximativement : impossible !


Je reçois à l’instant ta lettre du 27 : tu t’excuses gentiment, sans
cela je te gronderais. Aujourd’hui tu dois savoir où
ns serons en ligne, puisque tu as reçu « la
croix marginale » ; Le village où ns cantonnons ne
peut guère t’intéresser, situé à environ 7 km des lignes, mais
ns y reviendrons passer nos périodes de
repos.


Voici le vaguemestre ; je vous embrasse bien tendrement tous 3.


Jean



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