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Transcription :

Lundi, 15 9bre 1915.

Ma chère Lise,

Je t’ecris un peu tard aujourd’hui, ma lettre ne pourra partir que demain, et je le regrette car tu attendras impatiemment 24 heures de plus ; mais ma journée a été très prise par toutes sortes de corvées, et notre existence est si pleine d’imprévu qu’on est pris par le service au moment où l’on s’y attend le moins. Je t’ecris après avoir dîné, c’est le seul moment pendant lequel on s’appartienne ; j’attends que 9 heures arrivent pour emmener au travail une vingtaine d’hommes ; on va piocher toute la nuit, et pendant que vsdormirez bien tranquillement, j’aurai tout loisir de penser à vous en surveillant ma corvée. Nous allons creuser tout près des Boches, mais en parfaite securité car plus de 2 mètres de terre ns couvrent et il fait nuit. Vers 1 heure je réintégrèrai mon etroit caveau pour dormir. _ Le beau temps - et la gelée – ont heureusement succédé à la pluie ; on bat la semelle pour se réchauffer, mais on a les pieds secs et il n’y a plus à nettoyer jour et nuit les boyaux. Somme toute on est mieux . _ Ce temps clair a été utilisé par les Boches pour attaquer violemment à plusieurs reprises sur notre droite, ce n’était pas ma division qui écopait, ns n’etions guère que spectateurs ; mais quelle avalanche d’obus passait par-dessus nous ! C’est faramineux ! C’est surtout très curieux quand on peut lever la tête


impunément ; tout de même hier, ils ns ont obligés à ns serrer pendant 4 heures, et à retarder notre relève d’autant. Cela ne ns faisait d’ailleurs pas grand-chose, tellement on s’est habitué à tout.

Nous serons relevés samedi matin, vraisemblablement, et dès l’arrivée je t’enverrai une ligne ou 2 pour te fixer. Je ne sais rien de nouveau touchant mon affaire, qui sera sans doute solutionnée la semaine prochaine, sois calme et patiente.

De bonnes grosses bises à tous trois.

JDeleage


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