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Transcription :


Vendredi 5 9bre
1915.


Ma Chérie,


Nous sommes rentrés à Habarcq hier matin à 7 heures ; commencée avant minuit, la
relève a donc duré 7 heures, car elle s’est faite par des boyaux dans un état
indescriptible ; tout s’écroulait autour de nous, et on enfonçait jusqu’aux genoux ;
tu peux croire que ça été dur. Le soir, à 1 heure, je suis parti à 4 Km d’ici pour
assister à un exercice de lancement de grenades, et ne suis rentré qu’à 4 h ½.
Ce matin, encore exercice, puis conference par notre
divisionnaire ; le résultat c’est qu’on est surmené et qu’on a à peine le temps de
se nettoyer. Tout cela n’améliore pas le moral des hommes, tant s’en faut, et ce
matin nombreux étaient les malades qui voulaient échapper à l’exercice. Tout le
monde s’effraie de l’hiver qui commence et des souffrances qu’il nous apporte ;
pourtant, dans les instructions qu’on ns donne, il
n’est question que de ns organiser défensivement et
de construire des abris-cavernes ; cela ne sent pas l’offensive, mais pourtant il
reste de nombreux risques. Je persiste donc à chercher le moyen d’y échapper ; je
regrette




de n’avoir encore rien de précis à t’écrire à ce sujet.


J’ai reçu ta longue lettre du 2 9bre ;
tu ne t’ennuie pas : parfait ; vs vs
organisez pour la
1ère moitié de l’hiver : très bonne idée.


Le temps me presse, je termine à la hâte, en
vsembrassant tous bien tendrement.


Jean



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