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Transcription :


[En-tête]


Académie de Paris


Inspection de l’enseignement primaire du Cher


20 8bre 15


Mon Cher et Grand Ami,


Tandis que Père te porte les paquets que je viens d’avoir le doux bonheur de te
faire, je viens causer un peu avec toi. Nous avons reçu ce matin la bonne lettre que
tu as écrite à Père, je m’empresse de te dire que je n’ai pas encore tenu compte de
tes recommandations qui me privaient du plaisir de t’expédier des petits
suppléments. L’envoi était pour ainsi dire tout prêt et ma foi je l’ai envoyé tel
que. bien sûr que je serai désolé de te charger inutilement, mais s’il en était
ainsi tu te hâterais de grignoter


[surplus]


te redire les vœux que tu devines si bien et t’apporter un long baiser ou passerait
tout mon Amour.


Ta petite femme


Louise




l’excédent de poids. Enfin je te promets cette fois d’attendre que tu me demandes
quelque chose. J’ai voulu te faire goûter de la confiture que j’ai faite ces jours à
ton attention, c’est de la grosse confiture de ménage, mais
comme elle était très prise, j’ai pensé qu’elle "
" j'ai fait en" "
voyagerait facilement ; j’ai fait en
même temps de la gelée de pommes qui sera je crois supérieure et il faudra bon gré
mal gré que tu en ais ta bonne part. J’ai mis le saucisson et deux fromages dans le
colis et c’est tout comme victuailles, mais je tiens surtout à savoir si les boites
que je t’ai envoyées t’ont été agréables ; il me semble que des aliments qui
puissent être mangés chauds, seraient préférables à quoi que ce soit. Dis-toi bien,
mon Chéri, que les mes meilleurs moments sont ceux que je passe à
m’occuper de toi et que ce serait cruel de m’en priver.


Afin de ne pas trop t’embarrasser




d’un seul coup, je n’ai mis qu’une seule chemise, qu’une flanelle et enfin le bon
caleçon de laine. D’ici quinze jours, je t’enverrai une autre chemise et une autre
flanelle plus tout ce que tu me demanderas. J’ai mis par la poste ce soir
3 paquets de tabac, afin que tu les aies plus rapidement.


J’ai reçu ce matin une lettre de Marcelle, elle me dit ses angoisses de ses derniers
temps, son Mari qui est à Neuville dans "
"
un abri boche qu’il a
conquis à la suite d’une attaque. Elle m’apprend l’affreuse nouvelle de la mort du
cousin Mérot, tué à l’arrière d’une balle au cœur, le 21 7bre. Tu
conçois mon Aimé, ce que cette nouvelle m’a bouleversé, je viens d’écrire à cette
pauvre Marinette et j’en suis encore toute remuée. Pauvre jeune femme, pauvres
petites, pauvres famille, comme ils sont tous à plaindre et comme




je compatis à leur peine.


Je ne me suis pas encore acquittée de la petite dette de reconnaissance envers les
braves Instituteurs de Pernes. Je te promets de le faire la semaine prochaine en
même temps je leur’écrirai à ces braves gens et je leur donnerai de tes
nouvelles.


Tu seras gentil de me mentionner les jours où tu écriras à Claudia, afin que je
tienne mes engagements et de la tenir qu’elle soit au courant chaque
huitaine. Elle m’écrit de bonnes lettres, j’en ai reçu une également bien doucement
affectueuse de Jeanne, la Chère Petite sait si bien trouver ce qui fait du bien à
mon pauvre cœur inquiet.


Tu sais certainement que là-bas le bruit qui avait cours sur cabinet
était erroné ;
pourtant il y avait peut-être quelque chose de fondé puisque Delcassé a démissionné.
Nous n’avons pu voir dans aucun journal la cause de cette démission.


Les Enfants et Père me chargent de tous leurs bons baisers et moi je songe que c’est
aujourd’hui le jour de ton anniversaire et je voudrais pouvoir me faire toute
tendresse pour



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