Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


FRAD071_19151012_53J6_0254

Transcription :


Bourges le 12 8bre
15


Mon Jean,


J’ai reçu hier soir ta carte du 7 et ce matin ta longue, calme et si tendre lettre du
8. J’ai bien un peu tremblé en apprenant que ta section s’était encore un peu plus
approchée de l’ennemi, mais je t’assure que je commence sérieusement à lire avec
plus de calme les chères missives.


Les longs détails que tu me donnes me sont précieux, certes c’est toujours une
souffrance nouvelle pour moi ded'
apprendre ce que tu endures, mais
c’est une souffrance que je désire et qui est encore chère à mon cœur, car je
voudrais pouvoir connaitre




tous tes gestes. – Tes impressions ne nous mettent pas du baume, mais elles
coïncident tellement avec les nôtres et venant de ton jugement si sûr et si pondéré,
elles me semblent que trop
tellement l’expression de l’exacte vérité et rien ne vaut la vérité, dans
cette terrible affaire. – Tu me fais une gentille promesse, mon bon Chéri, c’est
de mettre ta flanelle et dire que je ne te l’ai pas encore envoyée. Comme tu m’avais
demandé ton tricot j’ai pensé que tu mettrais d’ici à quelque temps ta flanelle,
puis tes chemises chaudes et que'
ainsi tu arriverais graduellement
à te vêtir et à te garantir du froid. Je n’en conclus pas moins que tu es
un amour de Mari qui te ranges entièrement aux avis de sa petite femme et pour cela
tu auras tous les bons baisers que tu desires et que tu mérites si bien.


André s’est remis sérieusement au travail dès le premier jour, il est




allé acheter ses livres chez Depouilly, j’ai eu une petite remise de 5% et en ai payé
pour 12 f,50 – Je suis contente que tu aiess

apprécié le passage de Minet en 3ème ; ce faisant nul doute que Mr
Vinçon ait pensé à te faire plaisir. Je me ferai un plaisir de t’envoyer un journal
chaque jour. Les nouvelles ne seront guère fraiches, néanmoins elles occuperont un
peu les longues heures de tranchées. Je ne croyais pas que vous en étiez privés tu
m’avais dit les recevoir
lire très régulièrement ; il est vrai que les temps et les evénements ont
changé depuis ce temps presque heureux où vous étiez en securité jusque dans les
tranchées.


J’attends le caporal, je le ferai parler longuement et lui offrirais volontiers à
diner s’il est libre d’accepter. J’espère pouvoir le charger d’un petit colis que tu
aurais ainsi plus surement et plus vite encore.


Père se réserve de t’écrire demain aussi je serai deux jours sans te dire combien je
t’aime c’est pourquoi je te le dis bien fort ce soir et




je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que le font tes 2 bambins et leur Grand
Père.


Tendresses


Louise



Aucun commentaire