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Transcription :



M. Déléage


sergent


295Régt d'infrie


23Cie


57


Madame Déléage


29, rue Bourbonnoux


à Bourges


(Cher)




Mercredi 6 8bre 1915


Ma chère Louise


J’ai reçu hier ta lettre datée du 3 courant ; ni le ton ni les choses que tu me
dis ne me surprennent, je m’attendais à ton violent chagrin et je n’ai pas à
t’en excuser. Les nouvelles que tu me donnes sont pourtant bonnes : voyage sans
accroc, bonne impression sur tes locataires, bon accueil par tes amies ; et
par-dessus tout, l’arrivée du bon Pépé dont la présence a déjà produit son effet
calmant. Je l’ai sans doute bien dérangé, mais il voudra bien m’excuser en
raison des circonstances exceptionnelles. J’attends tes envois, en esperant que
le colis de vêtements ne tardera pas trop à arriver ; au reçu de cette carte, tu
serais gentille de m’envoyer 2 ou 3 paquets de tabac, car cette denrée est
devenue introuvable ici ; envoie par la poste pour aller vite. D’une façon
générale, votre argent nous est à peu près inutile, il n’y a presque rien à
acheter (sauf des conserves).


Notre repos s’achève, et cette nuit nous remontons aux tranchées ; dans la region
que tu m’indiques (Thélus) ; jusqu’ici le régiment n’a pas dormie, et j’ignore
si ton tour va bientôt arriver ; il y a d’ailleurs depuis 3 ou 4 jours une
période d’accalmie qui pourrait prendre fin si le temps voulaît se remettre ;
mais hélas il nous faudra encore patauger toute la nuit. Le bombardement ; ne
cesse pas. On vit uniquement à l’ordinaire de la compagnie, pourtant la santé
reste bonne.


Je t’ecrirai plus longuement demain à la tranchée, si possible ; à tous mes plus
affectueuses embrassades. JDéléage




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