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Transcription :


Mon Cher Jean


Tu peux croire que ta longue lettre à André a interessé ton grand garçon et nous tous
autant que lui : c’est une page rudement sentie et bellement rendue de cette
terrible vie que vous menez là-bas et Père a prétendu qu’elle serait une bonne
lecture pour les écoliers. Mais mon cœur s’est serré une fois de plus au récit de
cette triste vie qui est la tienne pour la plus grande partie du temps, puisque l’on
prolonge




encore votre séjour dans ces redoutables premières lignes. J’ai frémi en lisant le
petit mot que tu m’avais destiné mais j’ai vu par les journaux de ces derniers jours
que c’est dans les parages de Sourdrez que l’orage grondait le plus fort. André
était tout fier qu’une si belle épître lui fut adressée et cela lui fit l’effet d’un
coup de baguette magique, tant cela le rendit momentanément sérieux et réfléchi.


Père t’a dit, mon bon Chéri, notre contentement de voir les braves soldats qui nous
apportaient de tes nouvelles ; mais je dois t’avouer tout de même que cela me
faisait gros cœur de les savoir revenus pour de longs mois, alors que tu restais
là-bas.


Les Ils nous ont dit que vous ne pourriez pas être maintenus
longtemps




dans le même endroit, car des troupes ne pourraient supporter sans en souffrir un si
mauvais ravitaillement.


Hier, je t’ai expédié par la poste, un tout petit paquet de gâteries. J’ai
voulu mon bon Chéri marqué ton anniversaire. et ces tous petits présents te rediront
que je t’aime, que ma pensée est uniquement portée vers toi, et ils te
porteront les vœux ardents, que chaque jour, je dirais plutôt chaque soir, à l’heure
où l’on se recueille, mon pauvre cœur inquiet forme pour l’Absent si cher qui
supporte si vaillamment cette dure vie qui lui a été imposée. Cet anniversaire sera
prob inévitablement triste pour toi, avec un bagage peut-être gros de
souffrances, mais tu sentiras que toute ta Chère Maisonnée est avec toi




par la pensée et t’offre les vœux ses les plus ardents pour que tu sois
vite rendu à sa grande affection, et puis tu te diras aussi que cette date deviendra
pour nous, plus tard, dans l’immense bonheur de notre union reconquise le plus grand
jour et le plus bel anniversaire de chaque année. Ce sera toujours avec émotion que
nous revivrons cette terrible époque.


Et maintenant pour accompagner nos reason="illegible"type="overstrike"
voeux, nos "type="overstrike" de bonnes bisettes sonores de tes chers
Petits, une cordiale étreinte du bon Pépé et un long baiser, tendre et ému de ta
petite femme qui entrevoit un instant ce que pourra être son bonheur lorsque tu lui
seras rendu.


Ta Louise



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