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Transcription :


Jeudi 23 7bre 1915


Ma chère petite Femme,


Hier nous avons eu repos tout le jour, et ce matin nous n’avons pas fait grand
chose ; aussi suis-je maintenant complètement remis de ma fatigue d’avant-hier. Nous
sommes bien médiocrement installés et plutôt mal vus,
q.q. fripouillards se vengent en volant des
poules, mais l’un des soldats de ma compagnie a été pincé et va sans doute être
traduit devant le Conseil de guerre : q.q.
exemples seraient en effet utiles.


Le 5ème Bataillon du 256ème est logé dans le même village
que nous, aussi ai-je
pu passer, hier et aujourd’hui, un bon petit moment avec Varriot ;
ns avons dit du mal de nos petites femmes,
parlé de Mazilly, du prochain hiver en campagne et même des Boches.


Demain ns partons, en marchant face à l’est ; nous
ignorons absolument où ns allons, mais nous
ns rapprocherons beaucoup de la ligne de
feu ; encore une fois ; et très sérieusement, je ne sais si nous resterons en
réserve ou si nous prendrons part aux premiers combats. Il va de soi que je te
renseignerai le plus tôt possible et dans la mesure du possible. Compte




absolument sur moi.


Je fais des vœux pour que ton retour se fasse sans incident ni trop de fatigue ; dis
bien à André, de ma part, que je compte absolument sur lui pour te faciliter la
tâche. Envoie-moi un mot, très bref au besoin, dès que
vsserez réinstallés au N°29. Je l’attendrai
impatiemment.


Demain je t’enverrai un mot adressé à Bourges ; je tâcherai d’en faire autant presque
chaque jour, et sois bien certaine que je penserai à vous plus souvent et plus
affectueusement que jamais


En attendant, je vous envoie à tous mes plus tendres baisers.


Jean



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