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Transcription :

Mercredi 22 7bre 1915.

Ma chère Louise,

Notre petit voyage est achevé, au moins pour le moment. Je me hâte d’ajouter, car c’est le point principal pour toi, qu’au lieu de ns rapprocher des tranchées nous ns en sommes éloignés ; nous ns trouvons aujourd’hui à environ 30 Km à l’ouest d’Arras. Nous ignorons absolument combien de jours ns y resterons et même si ns y resterons toute la journée ; je ne le souhaite pas, car ns y sommes plutôt mal reçus et mal installés ; il est vrai que la région est sursaturée de troupes, que les indigènes n’y sont plus chez eux et que certains troupiers sont de vrais fripouilles.

Impossible de trouver un lit, ni un baquet ni une chaise à emprunter.

La marche d’hier a été longue et dure : environ 30 Km, coupés par une grande-halte de 4 heures ; j’ai pu tenir, mais ce matin j’ai les chevilles douloureuses ; tout cela est d’ailleurs sans importance.

Malgré notre déplacement, ta lettre du 19 est venue me trouver hier au soir et elle m’a délassé ; je m’aperçois que tu sais de mieux en mieux faire ta petite maîtresse de maison : compliments ! Comme on lève les lettres, il me faut m’arrêter là, après


t’avoir embrassé bien, bien tendrement, et te charger de mes amitiés à Père et de mes caresses aux Petits.

Ton Jean

[Surplus]

Toujours même adresse


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