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Transcription :


Pressy, le 12 septembre 1915


Monsieur Déléage,


Voici déjà huit jours que j’ai reçu votre lettre du 28 août et je n’ai pu encore vous
répondre.


Votre voyage à Bully a été fatigant, je n’en suis pas étonné. La vie dans les
tranchées doit être plus pénible pour vous que pour ceux habitués à vivre et à
travailler au grand air. On souffre aussi moralement, car on vit avec des gens plus
ou moins éduqués et il est délicat de commander à des personnes plus âgées que soi.
Et puis on a




laissé au foyer femme et enfants et la pensée se reporte souvent vers ces êtres si
chers. Ah ! oui, tout cela est triste et quelle grave responsabilité ont encourue
les auteurs de cette terrible guerre.


Vos camarades de Pressy sont partis ; ils doivent être dans les environs de Dunkerque
et Bergues. Hier, le s. lieutenant Haffner m’écrit qu’il est
dans un pays où les fermes sont éloignées d’environ 500 mètres. Il regrette le
cantonnement de Pernes-Pressy.


Nous n’avons plus ici que deux escadrons de chasseurs à cheval. Les officiers mangent
à la maison, dans la salle au dessus de laquelle était votre chambre. Ils sont plein
de confiance dans le succès qui, disent-ils, est




plus proche qu’on ne pense. Espérons que leur confiance ne sera pas trompée.


J’ai été content de savoir que vous avez été satisfait de notre hospitalité ; nous
avons fait ce que nous avons pu, et nous le ferions de nouveau avec plaisir, si le
hasard vous ramenait un jour dans notre localité.


Madame Cordonnier et Augustine ont été touchées de votre bon souvenir et elles vous
souhaitent du fond du cœur tout le bonheur possible pendant cette terrible
campagne.


En espérant vous revoir en bonne santé et le plus tôt possible, je vous prie de
croire à l’assurance de mes sentiments bien dévoués.


Cordonnier Louis



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