Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


Mazilly, le Jeudi 26 Aout 1915.


Mon cher papa.


Nous n’avons pas su eu de tes nouvelles depuis Samedi. Nous ne
sommes cependant pas inquiets ; d’ailleurs nous en avions eu 3 jours de suite ; nous
espérons recevoir une lettre de toi aujourd’hui.


Je Ce n’est pas la peine de te dire si nous avons été gentils cette
semaine, puisque maman te l’a dit toutes les fois qu’elle écrivait.


Nous avons souhaité la fête de maman Dimanche (le 22) en le faisant pour toi en même
temps que pour nous ; nous lui avons offert des gâteaux et quelques noisettes. Elle
a reçu 3 lettres de fête : la tienne 2 jours avant que nous la lui souhaitions,
celle de tante Berthe le lendemain et celle de Grand-père le sur-lendemain. Elle a
été bien contente.


En même que tu as écrit a maman pour lui souhaiter sa fête et que tu lui as envoyé
une bague, tu nous a




fait une gentille petite surprise qui nous a bien montré combien tu pensais à
nous ; tu a envoyé à Maurice un lance-grenades et à moi un po beau
porte-plume-crayon avec 2 cartouches allemandes ; ce qui m’as le plus fait plaisir,
c’est que c’était toi qui lo ‘avait fait ; celà nous a bien fait
plaisir ; nous t’en remercions bien.


Grand-père nous a écrit une lettre où il nous a répondu à quelques questions que nous
lui avions faites dans une précédente lettre. Il nous a dit qu’ils
allaient faire une excursion à Châtel dans le Jura ; il ne pense pas pouvoir venir
ici avant le début de Septembre. Grand-mère a aussi écrit.


Nous continuons à travailler de ½ à 1 heure par jour. Maurice
n’a pas travaillé hier, car il a dit faisait trop chaud.


Nous avons été en champ hier matin avec les Petit-Jean, ils sont toujours bien
gentils. Je t’ai dit, je crois que leur frère Francis est tué et leur frère Jean
disparu.


La machine à battre va bientôt venir ici ; pendant que nous t’écrivons, nous
entendons son bourdonnement continuel. Elle doit être en ce moment à Bézornayt.


Robert Grivaux viendra sûrement avec son petit frère et sa mère. Nous nous
réjouissons bien à l’avance des bonnes parties que nous allons faire




tous quatres.


Nous avons été à la pêche aux grenouilles Jeudi. Vendredi et Samedi ; nous en avons
bie pas mal pris ce dernier jour. Celà nous a fait un bon plat pour
Dimanche.


Pour maman, tante et moi, je t’embrasse bien fort, mon cher papa !


Ton grand garçon,


André Déléage



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