Archives départementales de Saône-et-Loire

Accueil > La famille Déléage > Des lettres, des liens >

La famille Déléage

Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


FRAD071_19150803_53J6_0068

Transcription :


Le 3 aôut 1915.


Ma chérie,


Voici 3 jours depuis ma dernière lettre, et je ne veux pas mettre ta patience à
l’epreuve, d’autant plus que je supporterais assez mal cette attente. Donc, vite un
mot, bien que la journée s’avance et que je dispose de bien peu de temps.


Avant-hier, dimanche, j’ai passé la plus grande partie de la journée avec Varriot, à
15 km d’ici ; en un village où son régiment etant au
repos. Nous avons passé de bonnes heures à causer de tout et de tous, et surtout de
la guerre ; la surprise était égale de nous retrouver en de telles conditions
ns
ns sommes montrés nos photos,
ns n’avons pas dit de mal de nos femmes
bien que ns en ayons parlé beaucoup, et
ns avons pris
rendez-vsà Mazilly pour l’êté prochain. Le
déjeuner etait bon, le vin très fin (offert par Varriot), et les camarades de
celui-ci fort courtois à mon égard. Bref, bonne




journée, quoique fatigante pour moi (30 km de vélo par
un soleil de plomb).


Ce soir (et cela explique ma lettre tardive) j’ai reçu la visite d’un adjoint de
Graçay (M. Roy) qui commande une compagnie au 295- et arrivé au
repas en remplacement du 256-. Charmant garçon, heureux de
bavarder avec moi : plaisir partagé d’ailleurs ; il a beaucoup insisté pour m’avoir
à sa table dimanche prochain ; j’ai décliné, la course m’effraie et on finit par se
fatiguer. En autres choses il m’a dit que, sauf evènement imprévu, le 295ne demanderait pas de gradé avant longtemps ; donc, si je dois
aller à ce régiment, je suis encore ici pour
q.q. semaines ; seulement notre vie est
faite d’imprévu.- Je me trouvais à l’appéritif avec mon ancien subordonné de Graçay,
un Instr de la Côte-d’Or, et un
des mes anciens camarades de la 16eme Cie (un des 5 partis le 17 janvier) ; tous 3 sont lieutenant,
je suis leur subordonné, et pourtant… Tu sais, on fait bien des réflexions !


Dimanche également, j’ai reçu l’excellent colis de Claudia ;
ns avons tous fait honneur à




ses pruneaux et biscuits et pour un peu on aurait porté un toast à l’expéditrice ;
quant au savoureux cassis et aux bonbons, je me les réserve ; une fois vide, la
solide gourde ne sera pas perdue. Donc à nouveau, mes plus affectueux remerciements
à la bonne sœur ; mais je n’ai besoin de rien actuellement, je frapperai aux portes
amies quand il sera nécessaire.


J’ai reçu ce soir ta lettre du 31 ; nouvelles les bienvenues, mais dis-moi aussi
comment ton voyage de retour s’est effectué. J’ai bien goûté la longue et bien
sincère lettre de mon André sans oublier le mignon billet de Minet. Reçu encore une
lettre de Villebard en reponse à ma carte, peut-être ferais-tu bien d’envoyer un
mot à ces excellentes dames.


Rien de nouveau ici ; santé bonne.


De bien tendres embrassades à tous les quatre.


JDéléage



Aucun commentaire

Jean Déléage

Louise Déléage

André Déléage

Maurice Déléage

Autres


Espace personnel