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La famille Déléage

Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


31 juillet 15



35° à l’ombre


106 rue Michelet - Alger.


Mon Cher Jean, merci pour votre carte du 12 juillet et pour votre lettre du 24,
celle-ci longue et fort intéressante, J’ai écrit le 20 ou le 21, Berthe le 25 et je
m’empresse de répondre à votre dernière qui nous parvient à l’instant. Je désire que
notre correspondance vous arrive réguliérement, non pas pour qu’elle vous
réconforte, vous avez assez de courage, mais pour qu’elle vous renouvelle nos
sentiments de vive et grande affection.


Après un an de caserne, au dépôt, vous voilà sur le front, mêlé à cette masse
guerrière qui s’oppose au flot des barbares. Pour l’instant, vous




êtes assez bien, sous le toit d’un brave instituteur où vous avez retrouvé une
atmosphère familière. Que cela dure. Vos impressions, par anticipation, elles
étaient les miennes. Les journaux amusent le peuple, mais il faut lire à travers les
lignes et surtout les blancs.


Les Russes évacuent Varsovie ; c’était à prévoir. Ce vaste pays agricole luttera
difficilement contre l’allemagne industrielle. La guerre s’est modifiée, elle s’est
industrialisée. L’erreur c’est de ne l’avoir pas compris tout d’abord. Enfin, les
alliés organisent leurs usines, mobilisent les ateliers petits ou grands. Ayons
confiance, nous durerons certaine-




ment quelques minutes de plus que les austro-Boches, et cela nous assurera la
Victoire.


Louise et ses enfants, après un bon petit séjour à Mâcon, retournent à Mazilly et
mademoiselle Claudine les accompagne. Nous sommes bien heureux que Louise ne soit
pas isolée en ce moment, elle va d’ailleurs retrouver Marcelle, la tante et les
cousins Denevers.


Si cette terrible guerre avait pris fin en juillet, comme nous l’espérions lors de
notre départ pour Alger, nous aurions fait en août ou 77bre un séjour en France ; mais les
congés sont supprimés ! Il nous faut attendre une occasion, une mission.




Croyez, mon cher Jean, que nous sommes de cœur avec votre gentille famille. Les beaux
succès d’André nous ont fait grand plaisir et notre joie sera grande de les revoir
tous. Maurice s’est remis rapidement. L’air de votre ermitage lui est salutaire.


Ici, nous souffrons de la chaleur très forte et malheureusement humide. Deux mois
très durs ont passé ; encore août et 7bre et puis avec octobre nous respirerons
librement. Puisse alors une bonne nouvelle nous arriver.


Allons, mon cher Jean, bon courage et continuez à avoir foi en votre étoile. Nous
serons toujours heureux d’avoir, de
de temps à autre, vos lettres si affectueuses et si pleines d’intérêt. Si
nous pouvons vous être utiles, N’hésitez pas à nous le demander, Trop heureux,
serons nous !


Berthe et moi vous embrassons de tout cœur-


Votre Blanc



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