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La famille Déléage

Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


Bourges le 30 juillet 1915


Cher Monsieur Déléage


C’est bien à vous de ne pas oublier les amis. Votre carte était
attendue, car nous n’avions aucune nouvelle de Mme Déléage qui
seule aurait pu nous donner ds
vôtres. Ce que vous me dites sur votre séjour au dépôt de passage ne me surprend pas. Vous êtes
loin du front et cependant vous vous habituez à l’idée d’aller plus avant. Le danger
doit moins effrayer puisque vous commencez en somme, à le regarder en face. La santé
est bonne, c’est parfait, et si le moral est au même degré, tout est bien>.


Je ne suis pas inquiet sur la façon dont vous vous présenterez aux
Boches. Dans le fond, vous ne savez pas que j’envie votre sort et je suis presque
honteux d’être maintenu seul à mon poste. Je sais bien que je rends plus de services
ici qu’à Mâcon à faire du service de garde ou peu de chose en ce moment surtout ou
la plupart T.
et ds R.AT
sont aux moissons. Ici à Bourges


XXXX



pas
de nouvelles précises de M. Renault depuis le 16
juin. Il serait tombé blessé à l’attaque de Souchez et aurait été soit fait
prisonnier, soit évacué sur un hôpital de l’Ouest. L’on fait des recherches à son
sujet en ce moment.


Il était dans les Cies de Zouaves qui ont donné l’assaut.




presque plus personne. Les hommes de votre
classe seulement et quelques gradés mais peu rentrent au dépôt
de Bannay et de Bourges où il reste encore pas mal de gradés de la classe
antérieure. Les gens de la Ville ne se plaindront plus de la présence du 62, je vous
l’assure et quant au 61 il n’est pas trop complet en ce moment ; il a même dû être
renforcé par le 63 et le 64 pour les services divers que nous assurions
auparavant.


Mon frère, parti quelque temps avant nous se trouve actuellement à
« la Tête à Vache » pas très bien placé comme vous le voyez. Il m’assure même que
l’ont s’habitue assez rapidement à la fusillade et à la canonnade. Pour un jeune soldat de 38 ans, il s’est fait vite au métier. Ce
qui l’a beaucoup ennuyé ça été de partir seul en renfort et de laisser ses quelques
camarades avec qui il était venu de Paris et était toujours resté
au dépôt de passage.


Ici toute la famille se porte bien. Lucie, est en vacances depuis une
dizaine de jours, et s’en paie à cœur joie.


Vous nous feriez un sensible plaisir en nous envoyant de temps en
temps une carte avec quelques mots et de bonnes nouvelles de vous.


Ces dames me chargent de vous présenter leurs meilleurs amitiés et
souvenirs. Lucien envoie un baiser au papa de ses petits amis et moi je vous serre
cordialement la main en vous disant bon courage, bonne chance et bon retour.


[V] Villetard



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