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La famille Déléage

Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


St Etienne 18 juillet [1915]


Mon cher Frère


Je voudrais bien que ma lettre te trouve encore dans ton cantonnement même
quand la vie n'y serait pas très agréable j'imagine qu'elle vaut encore celle des
tranchées.


Nous avons eu des nouvelles de Bourges André a eu la gentillesse de nous écrire il
est naturellement fière de la quantité de prix qu'il a obtenus.
Félicitons nous n'est ce pas d'avoir de bons enfants. Il nous disait aussi que le 14
il partait à Mazilly avec sa maman. Il est heureux pour Louise qu'elle soit entourée
et s'il fallait que Claudia aille avec elle ce serait avec plaisir qu'elle irait.
Nous avons eu le plaisir de la voir le 14 et 15 courant, elle semble revenue à son
état moral normal bien qu'elle ait eu quelques petits accrocs avec ses
malaises




Il y a des quantités de soldats qui circulent ce doit être dû aux permissions qu'on
leur accorde. Puis pas mal d'assez jeunes sont encore dans les casernes il est à
croire que le besoin d'hommes n'est pas pressant sur le front.


Les journaux parlent beaucoup du mauvais état des finances de l'Allemagne qui
pourrait peut-être bien précipitér le dénouement des choses. Est ce pour
faire prendre patience au plublic, ou pour remplir les journaux ? Si
cependant c'était vrai, les neutres en auraient bien vite assez de les
ravitailler sans espèces sonnantes


A l'usine Biétrix on presse beaucoup pour la fabrication de grosses pièces qui
seraient destinées à Metz. Dans toutes les usines on travaille énormément. A Firminy
c'est énorme le nombre d'ouvriers qui sont revenus travailler on dit que l'usine
compte un bien plus grand nombre d'ouvriers qu'en temps de paix, beaucoup ne sont
pas de la région. Un grand nombre de femmes travaillent aussi en faisant une semaine
de nuit et une de jour, tout cela n'aide pas comme tu dois le penser à relever les
mœurs il y a de ces choses presque incroyables.




Nous sommes allés aujourd'hui à Planfoy pour louer une logement c'est
assez difficile de trouver ce qu'on voudrait bien qu'on ne soit pas très exigeant.
Nous avons loué 2 pièces sommairement meublées 100 F. Dans la Loire le personnel
fait 2 semaines de service et a la semaine de congé il n'y a pas de quoi trop
crier.


Jeanne est avec nous depuis une semaine elle va assez bien, elle a seulement besoin
de repos en huit jours elle a déjà repris meilleure mine et comme elle a trois mois
de congé çà pourra se connaître.


J-B a eu une quinzaine qui n'a pas été très bonne mais il semble maintenant
être en meilleur état.


Et toi mon cher Frère comment vas-tu es-tu assez près pour p avoir éprouvé
les émotions si pénibles des premiers jours de campagnes.
D'après les lettres que nous avons lues d'un adjoint de J-B nous avons bien compris
qu'il fallait avoir le cœur solide pour ne pas “chavirer” Nous souhaitons bien que
ton étoile continue à t'être favorable et comme la prudence n'est pas qu
chose




négligeable et que tu n'en manqueras pas nous sommes quelque peu tranquillisés sur
ton sort.


Nous avons été contents que tu aies rencontrés des hommes connus il nous semble que
c'est un point de rattachement au milieu de tous ces inconnus.


Au revoir mon cher Frère je ne puis te souhaiter d'être bien, mais pas trop mal sur
tla aille qui doit te servir de grand lit. Comme nous nous
disposons à aller au dodo on ne peut moins faire que de songer à ceux qui passent la
nuit dehors.


Nous t'embrassons tous bien tendrement


C. Terra



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