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La famille Déléage

Affichage détaillé (Des lettres, des liens)


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Transcription :


Bourges le 21 juin 1915


Mon Jean Aimé,


Le petit travail que je t'ai fait hier a retardé d'un jour mes souhaits de fête ;
j'espère tout de même qu’ils ne t'arriveront pas trop tard.


C'est un bouquet de mes pensées les plus tendres que ce petit billet t'apportera.
Vois-tu mon Aimé notre lot a été meilleur que nous n’osions l'espérer l'an passé à pareille époque et je veux attendre avec sérénité le
jour de bonheur sans nom qui nous réunira à jamais. C'est donc sans tristesse, mon
tendre Aimé, que je viens




avec un baiser très doux te redire dans ces mots "Bonne fête" tout mon Amour et toute
ma confiance en notre avenir commun. Notre affection qui aura connu la dure trempe
des jours d'épreuve se retrouvera plus grande encore, si possible et notre bonheur
sera grand si la santé nous est conservée à tous et si nos Chers Enfants, comme il y
a tout lieu de le croire nous donnent pleine satisfaction.


Et maintenant mon Chéri, mon cœur n'aurait pas été satisfait et celui des Enfants non
plus si nous n'avions trouvé quelque chose à t'offrir. C’est à l’ordinaire du soldat
que j’ai pensé ; je t’envoie de quoi faire faire à la tablée




un petit extra : comme entree un jambonneau désossé et comme dessert un
annanas. Mais comme ce sont deux boites de conserves très lourdes je
suis obligée de les envoyer par le dépôt et alors je me fais de gros reproches car
cela t'arrivera avec beaucoup de retard et il y aurait [été] à coup sûr plus
de charme pour toi de l'avoir pour fêter la St. Jean. Mais j'avais prevu un envoi
par la poste et non par le dépôt. Enfin l'intention y est et sur ce je t'envoie
toute ma tendresse avec deux bons baisers de fête.


Ta petite Louise


PS/ Les Enfants tiennent absolument à t'offrir l'ananas. Ils s'inquiétaient depuis
longtemps de ce que l'on pourrait t'envoyer.




Mon ami


Après une bonne soirée de travail je viens un peu me reprendre en babillant avec toi.
J'ai eu de l'ardeur au travail ce soir tandis que ma femme de ménage me nettoyait ma
maison, lundi elle m'avait fait une grosse lessive, aussi l'ouvrage est à peu près à
jour. J'ai à nouveau refait un peu de place dans mon alcôve aussi je vois clair chez
moi.


Tes bonnes lettres plutôt rassurantes m'ont aidé à chasser les petits papillons noirs
; une bonne promenade sur le canal faite hier avec les Enfants et Mm Rousseau a achevé de me [surplus]


[qu’à une certaine période]


[Tendresses et baisers]


[Louise]




remettre en train. Je vais profiter de mon ardeur pour faire le plus gros de ma
[...age] couture nécessaire aux vacances puis après je penserai aux
préparatifs. Et ce sera sûrement avec entrain que nous prendrons notre vol.


.- Je vais peut-être mettre ma chambre à la disposition de mes locataires pendant les
vacances, car Madame Lotte vient de me demander si je ne connaitrais pas une chambre
à louer dans les environs car elle va recevoir une amie qui venait s'installer avec
eux. Si je me décide à leur louer ma chambre, je fermerai tout le reste de
l'appartement à clé : et j'ai averti que je ne fournirai pas de linge. Sans
vouloir




Je ne chercherai pas à exploiter, je ne demanderai peut-être que 40 frs par mois ce
qui portera leur location à 150 frs. C'est parce qu'il me semble que j'ai
affaire à des gens très convenables et somme toute je crois que je ne
risque pas grand chose, je ferai fermer l'armoire et je débarrasserai complètement
le placard garde-robe. Si seulement ils pouvaient être là pendant toutes les
vacances cela m'irait , mais je n'y compte pas absolument, car les officiers
circulent plus que jamais.


.- Je n'ai pas été surprise du tout que tu aies refusé les mille francs offerts par
Hatier, j'estime ainsi que toi ton travail à plus haut prix. Mais à ce sujet arrive
que promesse, je sais que tu feras au mieux de nos




intérêts.


J'ai lu avec intérêt les détails du nouveau secteur et suis heureuse de constater sa
sécurité. Puisse-t-elle se continuer temps que vous serez par là !


André me charge de t'annoncer qu'il est premier avec Aupetit avec 19 3/4 en
botanique. Voilà vraiment un trimestre qui s'achève avec de belles places, mais je
t'assure qu'il s'en est donné la peine. Je me ruine presque car je me suis engagée à
verser un franc à chaque place de premier.


Maurice me fait tout gentiment mes commissions, le lait régulièrement le matin aussi
je lui donne des appointements oh ! pas gros, mais il se contente à peu de
frais


André a tellement travaillé qu'il n'a guère eu le temps de me faire [surplus]


[crier et, il est d'ailleurs plus facile à commander]



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