| Le Conseil général au temps de Lamartine et Schneider | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Au travers de ces personnages que tout oppose, cette exposition lève le voile sur le fonctionnement de l’institution départementale et sur les réalisations qui ont façonné la Saône-et-Loire, au XIXe siècle. Une publication "Le Conseil Général au temps de Lamartine et Schneider - La Saône-et-Loire 1836-1870" est en vente aux Archives départementales.
Vous pourrez découvrir l'organisation de l'institution départementale de l'époque et son action dans des domaines aussi variés que l'agriculture, l'instruction publique, la culture, la répression, l'assistance, l'action sanitaire et les voies de communication. Salle 1 : la création des départements C'est dans le cadre géographique du département, créé à la Révolution Française que le Conseil Général entend montrer son rôle dans le développement de la Saône-et-Loire au XIXème siècle. C'est l'époque où le département s'affirme comme collectivité territoriale sous l'autorité du Préfet mais déjà les conseillers généraux, au nom du canton qu'ils représentent, réclament plus de décentralisation !
Salle 2 : Au XIXème... Lamartine et Schneider sont des hommes de leur temps qui représentent deux grands mouvements de ce XIXème siècle, le Romantisme et la Révolution industrielle. Tous deux ont joué un rôle politique au niveau local et national dans ce siècle où cinq Régimes différents se sont succédé.
Salle 3 : LAMARTINE ET SCHNEIDER, le poète républicain, l'industriel bonapartiste Alphonse de Lamartine et Eugène Schneider, qui se sont succédé presque sans interruption au fauteuil de Président du Conseil Général de 1836 à 1870, apparaissent vraiment différents l'un de l'autre : d'un côté l'aristocrate, poète et chantre de la République, et de l'autre l'industriel repreneur des forges du Creusot, grand bourgeois fidèle à l'Empereur Napoléon III. Pourtant tout deux ont rêvé d'une Saône-et-Loire moderne et prospère, et ont usé de leur influence pour favoriser le développement local.
L'homme de lettres est marqué par deux constantes : l'attachement à sa terre d'enfance, le village de Milly en Mâconnais, et son origine aristocratique.
Eugène et Adolphe Schneider rachètent l'usine du Creusot, résultat d'une première fusion d'une fonderie et de la Verrerie (cristallerie de la Reine), et fonde la Société Schneider Frères et Cie en 1836. Ces entrepreneurs ont compris que le développement des transports et les nouveaux modes de construction allaient entraîner une montée en flèche de la demande en produits métalliques : rails et locomotives, fermes et charpentes, ponts, bateaux....
C'est après 40 ans que Lamartine acquiert une stature d'homme politique national. Il est élu député de Bergues (Nord) en 1833 et de Mâcon-ville en 1837. Il est conseiller général de Mâcon-Nord en 1833 et préside l'assemblée départementale en 1836, à 46 ans. En 1848, il est Ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire de la Seconde République, celui-là même qui a instauré en mars le suffrage universel masculin. Le Lamartine de la Seconde République est devenu célèbre nationalement également pour le combat mené pour faire adopter le drapeau tricolore face au drapeau rouge. En substituant le drapeau tricolore au drapeau rouge, Alphonse de Lamartine repousse les excès de la Terreur révolutionnaire, attachés au souvenir de la Première République. Il échoue à l'élection du Président de la République en décembre 1848 et le coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte scelle son retrait définitif de la vie politique, à 61 ans.
Adolphe Schneider, frère aîné d'Eugène, est élu maire du Creusot en 1840, conseiller général et député en 1842. Après le décès accidentel d'Adolphe en 1845, Eugène s'investit à son tour dans la vie politique et est élu conseiller général puis député. Jouissant de la confiance du Président de la République, Bonaparte le nomme ministre de l'Agriculture et du Commerce en janvier 1851 puis Président du Conseil général de Saône-et-Loire en 1852 (il occupe ce poste jusqu'en 1870, fin du Second Empire).
Ces deux hommes, l'humaniste et le pragmatique, ont joué de leur influence et de leur dimension nationale pour oeuvrer au développement local lorsqu'ils étaient à la Présidence de l'Assemblée départementale. Salle 4 : Le Conseil Général
L'emplacement initial des locaux destinés au Conseil Général témoigne de l'autorité du Préfet sur le département : salle de délibérations, bureau du Président, salle des commissions étaient inclus dans l'hôtel de Préfecture. En 1855, le Conseil Général a voté la construction d'un bâtiment rue de Lingendes. Enfin, depuis 1905, le Conseil Général tient ses séances dans l'hémicycle du bâtiment construit dans la cour de la Préfecture.
La dénomination "Conseil général" apparaît pour la première fois dans la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800). Les 24 conseillers étaient nommés pour 3 ans par le premier Consul Bonaparte. La loi du 22 juin 1833 établit l'élection des conseillers, "au suffrage censitaire". Elus pour 9 ans, ils sont renouvelables par tiers. En 1843, les conseillers sont élus par 0,64% de la population départementale. La Seconde République instaure le suffrage universel masculin et chaque canton est désormais représenté par un élu, soit 48 cantons. En 1852, l'Empire restreint la liberté politique : le régime désigne les candidats, toujours élus au suffrage universel.
En 1851, sur recommandation gouvernementale, les conseillers généraux sont appelés à se prononcer sur l'opportunité de la rééligibilité de Louis-Napoléon Bonaparte, possible que si une révision de la Constitution est réalisée. Eugène Schneider défend cette proposition et dépose un voeu dans ce sens devant l'Assemblée départementale. Après un débat courtois mais engagé, Alphonse de Lamartine, hostile à la candidature de Napoléon Bonaparte entraîne avec lui 23 élus dans son refus ; Eugène Schneider n'en compte que 21. La Saône-et-Loire est un des trois départements sur les 85 que compte la France à refuser cette révision constitutionnelle.
Le Conseil général de Saône-et-Loire au XIXe siècle : l'affirmation d'un pouvoir local Au XIXe siècle, le Conseil général et les conseillers généraux, au rang desquels Lamartine et Schneider, considèrent qu'ils contribuent par l'exercice de l'action publique et de leur influence à la prospérité générale des populations du département et au bien commun. Salle 5 : l'Agriculture Les conseillers généraux, dont beaucoup sont des propriétaires terriens, visent à lutter contre les archaïsmes, à améliorer les méthodes de culture, la sélection des races d'élevage en subventionnant des fermes-écoles, des sociétés d'agriculture, des concours agricoles.
En 1849, le Conseil général a fondé l'école élémentaire d'agriculture ou "ferme-école" départementale. Située dans le domaine d'un grand propriétaire charollais, à Saint-Aubin (le Montceau), elle visait à former les élèves aux techniques de culture et d'élevage, au maniement et à l'entretien des machines. L'école devait servir également de référence pour les agriculteurs de la région.
Salle 6 : Enseignement et Culture Pour doter les enfants d'une meilleure instruction, le Conseil général consacre des moyens à la formation des instituteurs, aide les communes à financer leurs maisons d'école, récompense les élèves méritants, subventionne des jeunes artistes.
Quelques mois avant que la loi Guizot ne l'oblige, le Conseil général a créé en janvier 1833 une Ecole normale de garçons à Mâcon. Quelques jeunes gens peu fortunés ont pu suivre l'enseignement de cet établissement grâce à des bourses d'études départementales.
Au début des années 1830, les 2/3 des conscrits de Saône-et-Loire ne savaient ni lire, ni écrire et à l'ouest du département, la moitié des communes ne disposait pas d'école. Le Conseil général a consacré une part croissante de son budget aux bâtiments scolaires, en aidant les communes. A la fin du Second Empire, les progrès étaient indéniables : seules 17 communes ne disposaient pas d'une école primaire et 80% des garçons savaient au moins lire.
Il est impossible de parler de "politique culturelle" à propos du Conseil général des années 1830-1870, qui consacrait l'essentiel de son budget aux dossiers prioritaires : l'équipement routier, l'assistance aux enfants trouvés...
Salle 7 : Enfermement et assistance Les conseillers généraux de l'époque ont la conviction d'être investis d'une mission sociale tant comme représentants des populations que comme notables, qui guide leur politique d'assistance aux plus faibles (enfants abandonnés, pauvres, malades). Ils oeuvrent également en faveur de la prévention des maladies et le développement des pratiques médicales.
Le Conseil général de Saône-et-Loire a construit deux prisons d'un type nouveau, à Chalon-sur-Saône (1840) et à Autun (1855-1856) : les prisonniers y sont isolés dans des cellules individuelles et non plus par groupes, dans des quartiers. C'est un système carcéral qui provient des Etats-Unis.
Depuis 1817, les enfants abandonnés ou orphelins sont pris en charge par les communes et le département. Celui-ci doit assurer leur habillement et les frais de nourrices.
Dans un XIXe siècle marqué par les progrès médicaux et la persistance des pratiques populaires, l'implication forte des services publics dans l'action sanitaire est une nouveauté. En 1843 la Saône-et-Loire, attribue une allocation pour le service médical des pauvres. Dans chaque canton, un médecin devait faire des contrôles auprès des populations nécessiteuses et surveiller les enfants trouvés placés en nourrice. Des campagnes de vaccination sont également encouragées ainsi que des cours d'accouchement prodigués aux sage-femmes pour réduire les décès de nouveaux-nés et de jeunes mères.
Salle 8 : Les voies de communication Le Conseil général poursuit une politique d'aides et de voeux au gouvernement sur le développement des infrastructures routières, fluviales et ferroviaires. Il est conscient qu'un réseau de voies de communication cohérent est un vecteur fort de prospérité économique pour le département.
En 1836, le réseau routier public de la Saône-et-Loire est déjà composé de plusieurs catégories de voies : routes royales (nationales puis impériales), départementales ou vicinales, classées selon leur importance et l'administration qui en assure la construction et l'entretien. Le Conseil général s'est attaché à la remise en état du réseau départemental ; à la fin des années 1840, le programme est bien avancé. Les chemins vicinaux, à la charge des communes, sont un autre chantier. Par sa commission des Travaux publics, le Conseil général a souvent accepté de prendre en charge des voies communales reclassées en départementales, et a subventionné les communes devant les besoins énormes. Les marchandises représentent la majeure partie des transports par voie terrestre.
Le département est quadrillé par un réseau de voies navigables cohérent et bien conçu dont d'importantes voies artificielles : le canal du centre (1793), le canal latéral de la Loire (1838)... Le Conseil général travaille à améliorer la navigabilité de ces canaux et rivières.
En 1833, le projet d'une voie ferrée reliant les villes de Paris, Lyon et Marseille (ligne PLM) interessa les notables du département. Le tracé le plus court passant par Cluny et Mâcon, la ville de Chalon s'estima lésée. Elle obtint en 1842 que le chemin de fer la traverse. Le PLM sera achevé en 1854. Les lignes transversales est-ouest sont ensuite ouvertes : en 1857, la ligne Mâcon-Genève ; en 1869, celle de Chagny à Montceau-les-Mines.... A la fin du Second Empire, les grandes lignes du réseau principal sont tracées. Le réseau ferré d'intérêt local se mettra en place sous la IIIe République.
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