Le Conseil général au temps de Lamartine et Schneider

Au travers de ces personnages que tout oppose, cette exposition lève le voile sur le fonctionnement de l’institution départementale et sur les réalisations qui ont façonné la Saône-et-Loire, au XIXe siècle.

Une publication "Le Conseil Général au temps de Lamartine et Schneider - La Saône-et-Loire 1836-1870" est en vente aux Archives départementales.

Lamartine et SchneiderLamartine et SchneiderLamartine et SchneiderLamartine et SchneiderLamartine et SchneiderLamartine et Schneider


Après l'évocation du contexte et du parcours personnel de ces deux grandes figures que l'on connaît bien, le poète romantique et l'industriel repreneur des forges du Creusot, l'exposition met en lumière leur rôle moins connu de président du Conseil Général de Saône-et-Loire.

Vous pourrez découvrir l'organisation de l'institution départementale de l'époque et son action dans des domaines aussi variés que l'agriculture, l'instruction publique, la culture, la répression, l'assistance, l'action sanitaire et les voies de communication.

Salle 1 : la création des départements

C'est dans le cadre géographique du département, créé à la Révolution Française que le Conseil Général entend montrer son rôle dans le développement de la Saône-et-Loire au XIXème siècle. C'est l'époque où le département s'affirme comme collectivité territoriale sous l'autorité du Préfet mais déjà les conseillers généraux, au nom du canton qu'ils représentent, réclament plus de décentralisation !

Ancêtre du conseiller généralCarte décorée de Saône-et-Loire

La création des départements avec l'ancêtre du conseiller général, un administrateur du département en l'An IV (1795).

Carte du département de la Saône-et-Loire, Atlas national illustré, vers 1840.
En savoir plus sur L'Ancien Régime et la création des départements.En savoir plus sur la Sâone-et-Loire.

Salle 2 : Au XIXème...

Lamartine et Schneider sont des hommes de leur temps qui représentent deux grands mouvements de ce XIXème siècle, le Romantisme et la Révolution industrielle. Tous deux ont joué un rôle politique au niveau local et national  dans ce siècle où cinq Régimes différents se sont succédé.

Expo Révolution industrielle et Romantisme
En savoir plus sur le XIXème siècle.

Salle 3 : LAMARTINE ET SCHNEIDER, le poète républicain, l'industriel bonapartiste

Alphonse de Lamartine et Eugène Schneider, qui se sont succédé presque sans interruption au fauteuil de Président du Conseil Général de 1836 à 1870, apparaissent vraiment différents l'un de l'autre : d'un côté l'aristocrate, poète et chantre de la République, et de l'autre l'industriel repreneur des forges du Creusot, grand bourgeois fidèle à l'Empereur Napoléon III. Pourtant tout deux ont rêvé d'une Saône-et-Loire moderne et prospère, et ont usé de leur influence pour favoriser le développement local.

Alphonse de LAMARTINE

1790 : il naît à Mâcon dans une famille royaliste.
1817 : en cure à Aix-les-Bains, il rédige le Lac.
1833 : élu député de Bergues ; élu conseiller général de Saône-et-Loire.
1836 : élu président du Conseil Général.
Février 1848 : il impose le drapeau tricolore ; ministre des Affaires étrangères.
Décembre 1851 : il se retire de la vie politique (coup d'Etat de L.-N. Bonaparte).
1869 : il décède à Paris.

Silhouettes Lamartine et Schneider

Eugène SCHNEIDER

1805 : il naît en Meurthe-et-Moselle ; son père est notaire.
1836 : achat du Creusot : création de la société Schneider Frères et Cie.
1851 : nommé ministre de l'Agriculture et du Commerce (3 mois).
1852-1870 : nommé président du Conseil Général ; élu député.
1866-1870 : maire du Creusot.
1867 : président du Corps législatif
1870 : grève au Creusot ; chute du Second Empire, exil en Angleterre.
1875 : il décède à Paris.

  • Alphonse de Lamartine : l'homme de lettres

L'homme de lettres est marqué par deux constantes : l'attachement à sa terre d'enfance, le village de Milly en Mâconnais, et son origine aristocratique.

Bureau de Lamartine à St PointLettre de Lamartine
Le bureau de Lamartine à Saint PointLettre de Lamartine pour la jonction d'une route entre le Département du Rhône et Germolles, vers 1840 (manuscrit, AD71, N26)
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  • L'activité industrielle du Creusot et Eugène Schneider

Eugène et Adolphe Schneider rachètent l'usine du Creusot, résultat d'une première fusion d'une fonderie et de la Verrerie (cristallerie de la Reine), et fonde la Société Schneider Frères et Cie en 1836. Ces entrepreneurs ont compris que le développement des transports et les nouveaux modes de construction allaient entraîner une montée en flèche de la demande en produits métalliques : rails et locomotives, fermes et charpentes, ponts, bateaux....
A la fin du Second Empire, l'entreprise Schneider fait figure de géant industriel,  ses ateliers emploient alors près de 10000 personnes.

Cristallerie de la ReineLa Gironde
Manufacture des cristaux de la Reine au Creusot, 1787. (Ecomusée de la Communauté le Creusot-Montceau-les-Mines, cl. D. Busseuil)La locomotive La Gironde (Ecomusée de la Communauté le Creusot-Montceau-les-Mines) En 1838, la première locomotive entièrement construite en France
En savoir plus sur l'activité industrielle du Creusot

  • Lamartine, Homme politique national

C'est après 40 ans que Lamartine acquiert une stature d'homme politique national. Il est élu député de Bergues (Nord) en 1833 et de Mâcon-ville en 1837. Il est conseiller général de Mâcon-Nord en 1833 et préside l'assemblée départementale en 1836, à 46 ans.  En 1848, il est Ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire de la Seconde République, celui-là même qui a instauré en mars le suffrage universel masculin. Le Lamartine de la Seconde République est devenu célèbre nationalement également pour le combat mené pour faire adopter le drapeau tricolore face au drapeau rouge. En substituant le drapeau tricolore au drapeau rouge, Alphonse de Lamartine repousse les excès de la Terreur révolutionnaire, attachés au souvenir de la Première République. Il échoue à l'élection du Président de la République en décembre 1848 et le coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte scelle son retrait définitif de la vie politique, à 61 ans.

Défense du drapeau tricoloreBureau de vote 1848
H. Philipotteaux, Lamartine faisant acclamer le drapeau tricolore sur le perron de l'Hôtel de ville de Paris (©PMVP/cl. Pierrain)Bureau de vote,1848 (AD 71, PR 56/5-1, L'Illustration). En mars 1848, le Gouvernement provisoire instaure le suffrage universel masculin.
En savoir plus sur l'homme politique nationalEn savoir plus sur le suffrage universel

  • Eugène Schneider : l'homme de l'Empereur

Adolphe Schneider, frère aîné d'Eugène, est élu maire du Creusot en 1840, conseiller général et député en 1842. Après le décès accidentel d'Adolphe en 1845, Eugène s'investit à son tour dans la vie politique et est élu conseiller général puis député. Jouissant de la confiance du Président de la République, Bonaparte le nomme ministre de l'Agriculture et du Commerce en janvier 1851 puis Président du Conseil général de Saône-et-Loire en 1852 (il occupe ce poste jusqu'en 1870, fin du Second Empire).
Sous le Second Empire, il est encore plus proche de Napoléon III qui le nomme vice-président puis Président du Corps législatif. Localement, il succède à son gendre et neveu Desseilligny à la mairie du Creusot en 1866.

Télégramme de NapoléonCité des Pompiers Le Creusot
Télégramme de Napoléon III adressé à E. Schneider, 1870 (papier pelure, coll.part.)Logements ouvriers de la cité des Pompiers, vers 1860 (maquette, écomusée de la communauté Le Creusot Montceau-les-Mines). Illustration du paternalisme industriel.
En savoir plus sur la carrière politique d'Eugène SchneiderEn savoir plus sur le paternalisme industriel

Ces deux hommes, l'humaniste et le pragmatique, ont joué de leur influence et de leur dimension nationale pour oeuvrer au développement local lorsqu'ils étaient à la Présidence de l'Assemblée départementale.

Salle 4 : Le Conseil Général

  • Le Conseil général et la Préfecture

L'emplacement initial des locaux destinés au Conseil Général témoigne de l'autorité du Préfet sur le département : salle de délibérations, bureau du Président, salle des commissions étaient inclus dans l'hôtel de Préfecture. En 1855, le Conseil Général a voté la construction d'un bâtiment rue de Lingendes. Enfin, depuis 1905, le Conseil Général tient ses séances dans l'hémicycle du bâtiment construit dans la cour de la Préfecture.

Le Conseil Général - rue de LingendesHémicycle du Conseil Général
Bâtiment du Conseil général, rue de Lingendes (cl. A. Tournier)Hémicycle et portraits de conseillers généraux de Saône-et-Loire
En savoir plus sur les locaux de la Préfecture et du Conseil général

  • Les cantons et les conseillers généraux

La dénomination "Conseil général" apparaît pour la première fois dans la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800). Les 24 conseillers étaient nommés pour 3 ans par le premier Consul Bonaparte. La loi du 22 juin 1833 établit l'élection des conseillers, "au suffrage censitaire". Elus pour 9 ans, ils sont renouvelables par tiers. En 1843, les conseillers sont élus par 0,64% de la population départementale. La Seconde République instaure le suffrage universel masculin et chaque canton est désormais représenté par un élu, soit 48 cantons. En 1852, l'Empire restreint la liberté politique : le régime désigne les candidats, toujours élus au suffrage universel.
En 1848, les séances deviennent publiques jusqu'en 1852 où elles se déroulent de nouveau à huis clos.

Cartes des cantonsSignatures des conseillers généraux
Carte des cantons de la Saône-et-Loire en 1833 et 1848-1868 (Géo 71, A. Tournier)Registre de délibérations du Conseil général, signatures des conseillers généraux suite à la séance du 31 août 1841. Qui reconnaîtra la signature de Lamartine, de Thiard ou d'Augustin Lacroix ?
En savoir plus sur le mode de désignation des conseillers généraux

  • Le Coup d'Etat et la Dissolution du Conseil Général

En 1851, sur recommandation gouvernementale, les conseillers généraux sont appelés à se prononcer sur l'opportunité de la rééligibilité de Louis-Napoléon Bonaparte, possible que si une révision de la Constitution est réalisée. Eugène Schneider défend cette proposition et dépose un voeu dans ce sens devant l'Assemblée départementale. Après un débat courtois mais engagé, Alphonse de Lamartine, hostile à la candidature de Napoléon Bonaparte entraîne avec lui 23 élus dans son refus ; Eugène Schneider n'en compte que 21. La Saône-et-Loire est un des trois départements sur les 85 que compte la France à refuser cette révision constitutionnelle.
Devant l'échec de révision de la Constitution et pour se maintenir au pouvoir, Louis Napoléon Bonaparte a recours à un coup de force militaire le 2 décembre 1851.
Le 17 janvier 1852, le Conseil général de Saône-et-Loire est dissout, conséquence de l'opposition départementale à l'ambition bonapartiste. Les conseillers généraux doivent dorénavant jurer obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur. 

Affiche de dissolution du Conseil GénéralPrestation de serment de D. Niepce
Dissolution du Conseil général, 17 janvier 1852 (Affiche papier, AD71, J226)Prestation de serment "d'obéissance à la Constitution et de fidélité à l'Empereur" de D. Niepce (lettres autographes, AD 71, M 31)
En savoir plus sur le débat entre Schneider et Lamartine sur le révision de la ConstitutionEn savoir plus sur le coup d'etat et la dissolution du Conseil général

Le Conseil général de Saône-et-Loire au XIXe siècle : l'affirmation d'un pouvoir local 

Au XIXe siècle, le Conseil général et les conseillers généraux, au rang desquels Lamartine et Schneider, considèrent qu'ils contribuent par l'exercice de l'action publique et de leur influence à la prospérité générale des populations du département et au bien commun.
Pour accomplir ses missions, le Conseil général développe une politique et met en oeuvre ses compétences et moyens financiers sur les grands enjeux de l'époque :
- l'agriculture et ses progrès, quand les paysans commençaient à quitter leur terre pour travailler à l'usine,
- l'instruction et la culture, quand la majorité des adultes ne savaient pas lire,
- l'assistance et la répression, quand les difficultés matérielles poussaient à abandonner des milliers d'enfants et que le vagabondage était un délit,
- les voies de communications, quand la ligne de chemin de fer Paris-Lyon par Chalon et Mâcon traçait son sillon nord-sud dans le département.

Salle 5 : l'Agriculture

Les conseillers généraux, dont beaucoup sont des propriétaires terriens, visent à lutter contre les archaïsmes, à améliorer les méthodes de culture, la sélection des races d'élevage en subventionnant des fermes-écoles, des sociétés d'agriculture, des concours agricoles.

Charrue tourne oreillesAgriculteur praticien
Charrue tourne-oreilles (bois et fer, Musée des Arts et Traditions populaires, Palinges). Elle permet de verser la terre du même côté pendant l'aller et le retour de l'attelage.Le conseiller général d'Autun contribue par ses écrits à la formation des agriculteurs : L'agriculteur praticien de Victor REY, 1851 (imprimé, AD 71, BH 2810)
En savoir plus sur l'agriculture des années 1830-1870

  • Mieux former les agriculteurs : la ferme-école du Montceau et l'enseignement agricole

En 1849, le Conseil général a fondé l'école élémentaire d'agriculture ou "ferme-école" départementale. Située dans le domaine d'un grand propriétaire charollais, à Saint-Aubin (le Montceau), elle visait à former les élèves aux techniques de culture et d'élevage, au maniement et à l'entretien des machines. L'école devait servir également de référence pour les agriculteurs de la région.

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Elève de la ferme-modèle de Grignon (Oise) en 1846 (AD 71, L'Illustration, PR 56/3)Liste des effets composant le trousseau des élèves de la ferme-école de Montceau, 1867 (AD 71, M2882). Extraits... 1- 12 chemises en toile...5- 2 habillements d'hiver pour tous les jours, et un pour le dimanche...
En savoir plus sur la ferme-école du Montceau et l'enseignement agricole

Salle 6 : Enseignement et Culture

Pour doter les enfants d'une meilleure instruction, le Conseil général consacre des moyens à la formation des instituteurs, aide les communes à financer leurs maisons d'école, récompense les élèves méritants, subventionne des jeunes artistes.

  • La formation des instituteurs

Quelques mois avant que la loi Guizot ne l'oblige, le Conseil général a créé en janvier 1833 une Ecole normale de garçons à Mâcon. Quelques jeunes gens peu fortunés ont pu suivre l'enseignement de cet établissement grâce à des bourses d'études départementales.

Ecole Normale MobilierComposition d
Mobilier de l'Ecole normale : table de salle d'étude et lavabos, 1868 (AD71, N579)Composition d'écriture de Mlle Franet, candidate à l'Ecole normale de jeunes filles, 1870 (papier, AD 71, 3 T 297)
En savoir plus sur la formation des instituteurs

  • Aide aux communes : la construction des maisons d'écoles

Au début des années 1830, les 2/3 des conscrits de Saône-et-Loire ne savaient ni lire, ni écrire et à l'ouest du département, la moitié des communes ne disposait pas d'école. Le Conseil général a consacré une part croissante de son budget aux bâtiments scolaires, en aidant les communes. A la fin du Second Empire, les progrès étaient indéniables : seules 17 communes ne disposaient pas d'une école primaire et 80% des garçons savaient au moins lire.

Ecole St EmilandPlan de la mairie école de Marmagne
Ecole construite sous le Second Empire : Saint-Emiland (carte postale, AD 71, 6 Fi)Plan du bâtiment des écoles de Marmagne, 1857 (plan aquarellé, AD 71)
En savoir plus sur la construction des maisons d'école

  • La culture

Il est impossible de parler de "politique culturelle" à propos du Conseil général des années 1830-1870, qui consacrait l'essentiel de son budget aux dossiers prioritaires : l'équipement routier, l'assistance aux enfants trouvés...
Mais tout de même, le Département apporte entre autres son aide à quelques jeunes artistes, par des bourses d'études.

Sculpture Faune et Nymphe de benoîr RougeletCléopatre endormie
Benoît Rougelet, Faune et nymphe, 1894 (plâtre, Musée Greuze, Tournus)Lassale-Bordes, la mort de Cléopâtre (Musée Rolin, Autun)
En savoir plus sur le Conseil général et la Culture

Salle 7 : Enfermement et assistance

Les conseillers généraux de l'époque ont la conviction d'être investis d'une mission sociale tant comme représentants des populations que comme notables, qui guide leur politique d'assistance aux plus faibles (enfants abandonnés, pauvres, malades). Ils oeuvrent également en faveur de la prévention des maladies et le développement des pratiques médicales.
Le Conseil général participe encore à l'organisation des moyens de répression pour tous les contrevenants.

  • Le Conseil Général construit et entretient les "prisons départementales"

Le Conseil général de Saône-et-Loire a construit deux prisons d'un type nouveau, à Chalon-sur-Saône (1840) et à Autun (1855-1856) : les prisonniers y sont isolés dans des cellules individuelles et non plus par groupes, dans des quartiers. C'est un système carcéral qui provient des Etats-Unis.
La prison d'Autun a la particularité également d'être circulaire. C'est une tour ronde composée de 50 cellules trapézoïdales sur 3 niveaux autour d'un autel surmonté d'une coupole. Cette prison est toujours visible à Autun.

Prison circulaire Autun

Uniformes des gardiens de prisons
Plan coupe de la prison d'Autun (calque, AD 71, 4N). Des cellules individuelles autour d'un autel.Uniforme des gardiens de prisons en 1866. Recomposition d'après un dessin modèle, un descriptif et des échantillons de tissus ( AD 71, 1Y 35 et A. Tournier)
En savoir plus sur les prisons et autres lieux d'enfermement

  • Protéger et assister les plus faibles

Depuis 1817, les enfants abandonnés ou orphelins sont pris en charge par les communes et le département. Celui-ci doit assurer leur habillement et les frais de nourrices.
L'abandon des bébés pouvait se faire dans un "tour", cylindre pivotant disposé sur la façade des hospices. Jusque vers 1860, le nombre des enfants secourus ainsi que les dépenses du service ont enflé, tandis qu'un enfant sur 10 ne survivait pas. En 1839, le dispositif est donc complété par un poste d'inspecteur départemental, chargé du contrôle sanitaire des enfants.

Maquette dLivret d
Tour de l'hospice de Mâcon (maquette, réal. Hospices civils de Lyon) et menus objets et bijoux trouvés auprès d'enfants abandonnés (Hospices civils de Lyon).Livret d'Hippolyte Soulier, enfant trouvé, 1836 (papier, AD 71, J 736)
En savoir plus sur le Conseil général et le secours aux enfants trouvés

  • Hygiène et santé

Dans un XIXe siècle marqué par les progrès médicaux et la persistance des pratiques populaires, l'implication forte des services publics dans l'action sanitaire est une nouveauté. En 1843 la Saône-et-Loire, attribue une allocation pour le service médical des pauvres. Dans chaque canton, un médecin devait faire des contrôles auprès des populations nécessiteuses et surveiller les enfants trouvés placés en nourrice. Des campagnes de vaccination sont également encouragées ainsi que des cours d'accouchement prodigués aux sage-femmes pour réduire les décès de nouveaux-nés et de jeunes mères.

Service médical gratuitVitrine cours d
Rapport du médecin cantonal de Saint-Etienne-en-Bresse sur le service médical gratuit, 1854 (formulaire préimprimé, AD 71, M1867)Cours d'accouchement : instruments d'obstétrique, forceps, crânoclase, et Guide pratique de l'accoucheur, 1879 par L. Pénard (Maternité de Mâcon)
En savoir plus sur le service médical gratuit

Salle 8 : Les voies de communication

Le Conseil général poursuit une politique d'aides et de voeux au gouvernement sur le développement des infrastructures routières, fluviales et ferroviaires. Il est conscient qu'un réseau de voies de communication cohérent est un vecteur fort de prospérité économique pour le département.

  • Les routes

En 1836, le réseau routier public de la Saône-et-Loire est déjà composé de plusieurs catégories de voies : routes royales (nationales puis impériales), départementales ou vicinales, classées selon leur importance et l'administration qui en assure la construction et l'entretien. Le Conseil général s'est attaché à la remise en état du réseau départemental ; à la fin des années 1840, le programme est bien avancé. Les chemins vicinaux, à la charge des communes, sont un autre chantier. Par sa commission des Travaux publics, le Conseil général a souvent accepté de prendre en charge des voies communales reclassées en départementales, et a subventionné les communes devant les besoins énormes. Les marchandises représentent la majeure partie des transports par voie terrestre.

Vue de la salle Voies de communicationPlan de la RD n°10
Vue de la salle consacrée aux voies de communicationPlan de le route départementale n°10 entre Etang-sur-Arroux et Perrecy, 1854 (encre et aquarelle, AD 71, 2 S 498)
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  • Les voies navigables

Le département est quadrillé par un réseau de voies navigables cohérent et bien conçu dont d'importantes voies artificielles : le canal du centre (1793), le canal latéral de la Loire (1838)... Le Conseil général travaille à améliorer la navigabilité de ces canaux et rivières.
A partir de 1830, la batellerie à vapeur, plus rapide, moins coûteuse  et plus confortable que le transport routier tient la première place dans le transport des voyageurs et des marchandises. Le développement du chemin de fer porte un coup dur aux transports fluviaux.

Porte écluseBâteau Sirius
Porte d'une écluse sur le canal du Centre, sans date (AD 71, n°98-30)Bateau à aubes Sirius (maquette Musée Denon, Chalon-sur-Saône)
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  • Naissance du réseau de chemins de fer

En 1833, le projet d'une voie ferrée reliant les villes de Paris, Lyon et Marseille (ligne PLM) interessa les notables du département. Le tracé le plus court passant par Cluny et Mâcon, la ville de Chalon s'estima lésée. Elle obtint en 1842 que le chemin de fer la traverse. Le PLM sera achevé en 1854. Les lignes transversales est-ouest sont ensuite ouvertes : en 1857, la ligne Mâcon-Genève ; en 1869, celle de Chagny à Montceau-les-Mines.... A la fin du Second Empire, les grandes lignes du réseau principal sont tracées. Le réseau ferré d'intérêt local se mettra en place sous la IIIe République.

Chemin de fer en Saône-et-Loire en 1870
Carte du réseau ferré de Saône-et-Loire en 1873 (Géo 71 et A. Tournier)
En savoir plus sur la naissance du réseau de chemins de fer


En conclusion, les affaires et les compétences évoquées sont assez proches de celles du Conseil général actuel : l'agriculture, les transports, les affaires sociales et l'éducation. Et l'Assemblée départementale du XIXème siècle et ses présidents plus ou moins illustres ont oeuvré à l'enracinement progressif et serein de la démocratie locale dans le territoire Saône-et-Loire.
Mais laissons le dernier mot à un de nos guides : " les conseils généraux doivent être la République localisée sur toute la surface du territoire. Rendons-la sensible, visible et palpable, au peuple". Alphonse de Lamartine.

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